Covid long : et si ce n'était pas une seule maladie, mais plusieurs ?
L’ESSENTIEL Les causes du Covid long, un syndrome post-infectieux qui affecte des millions de personnes dans le monde, demeurent mal comprises ; Des travaux récents suggèrent que deux mécanismes pourraient participer au Covid long : une anomalie dans la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et une inflammation de leur paroi interne ; Cibler une molécule intervenant dans la formation des vaisseaux sanguins pourrait améliorer certains symptômes du Covid long. Un essai clinique baptisé BASECOVID est en cours de lancement pour tester cette hypothèse.
Le syndrome post-Covid-19, communément désigné sous l’expression « Covid long », est désormais officiellement reconnu comme une complication chronique de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2. Il est susceptible de survenir après des formes initiales de la maladie de gravité variable, y compris chez des patients ayant présenté une infection aiguë peu sévère.
Sa prévalence exacte du Covid long demeure difficile à établir, en raison de l’hétérogénéité des définitions utilisées, des populations étudiées et de l’évolution des variants viraux.
On estime cependant qu’à l’heure actuelle, plusieurs millions de personnes dans le monde présentent des symptômes persistants ayant un impact significatif sur leur qualité de vie, leur activité professionnelle et leur autonomie.
Pour mieux prendre en charge ces patients, médecins et scientifiques travaillent à élucider les causes du Covid long. Parmi les hypothèses formulées à l’heure actuelle, l’hypothèse vasculaire figure en bonne place pour expliquer certains symptômes. Explications.
Qu’est-ce que le Covid long ?
Selon la définition proposée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce syndrome correspond à la persistance, à la récidive ou à l’apparition de symptômes, généralement trois mois après l’infection initiale, durant au moins deux mois, sans qu’un autre diagnostic puisse expliquer le tableau clinique.
L’expression clinique du Covid long est particulièrement polymorphe. Plus de deux cents manifestations ont été décrites, ce qui suggère que l’atteinte touche potentiellement de multiples organes (on parle d’atteinte « multisystémique »).
Les symptômes les plus fréquemment rapportés sont : une fatigue profonde, une intolérance à l’effort, une dyspnée, des douleurs thoraciques, des palpitations, des troubles neurocognitifs (« brain fog », ou « brouillard cérébral », en français), des dysfonctionnements du système nerveux autonome (le système nerveux qui contrôle les fonctions involontaires du corps, comme la respiration, la digestion…), des douleurs musculaires (myalgies), des douleurs articulaires (arthralgies), des troubles du sommeil, des symptômes digestifs ainsi que des manifestations anxiodépressives.
À ce jour, aucun traitement spécifique n’a démontré une efficacité suffisante pour modifier l’évolution du syndrome. La prise en charge repose principalement sur une approche multidisciplinaire individualisée associant évaluation clinique globale, traitement symptomatique, rééducation adaptée, accompagnement psychologique et coordination des différents professionnels de santé.
Les recommandations internationales insistent sur la........
