Qu’est‑ce que le « piège de Thucydide » évoqué par Xi Jinping face à Trump ? Les leçons de la guerre entre Athènes et Sparte
En évoquant le « piège de Thucydide » face à Donald Trump, Xi Jinping a remis au centre du débat une vieille théorie géopolitique : le risque qu’une puissance dominante entre en guerre contre une puissance émergente. Mais l’histoire d’Athènes et de Sparte est bien plus complexe que ne le suggère cette formule devenue célèbre.
Lors de leur rencontre à haut risque cette semaine à Pékin, le président chinois Xi Jinping aurait interrogé le président américain Donald Trump sur la capacité des deux puissances à échapper au « piège de Thucydide ».
Popularisée au début des années 2010 par le politologue américain Graham Allison, cette expression désigne le risque de guerre qui peut émerger lorsqu’une puissance dominante voit monter l’influence d’une puissance rivale. Allison pensait explicitement à la Chine et aux États-Unis.
L’expression tire son nom de Thucydide, auteur de History of the Peloponnesian War, consacré à la guerre de 27 ans entre Athènes et Sparte déclenchée en 431 avant notre ère.
Mais qu’a réellement écrit Thucydide à ce sujet ? Et en quoi Athènes et Sparte éclairent-elles les relations actuelles entre les États-Unis et la Chine ?
Une erreur de gestion des rapports de force
L’expression de « piège de Thucydide » sous-entend qu’une puissance dominante a des difficultés à gérer l’ascension d’une puissance rivale et finit par considérer la guerre comme inévitable, alors qu’elle ne constitue pas forcément la seule issue possible.
Cette idée s’appuie sur une citation tirée de La Guerre du Péloponnèse (livre I, chapitre 23), dans laquelle Thucydide écrit :
« J'ai commencé par écrire les causes de cette rupture et les différends qui l'amenèrent, pour qu'un jour on ne se demande pas d'où provint une pareille guerre. La cause véritable, mais non avouée, en fut, à mon avis, la puissance à laquelle les Athéniens étaient parvenus et la crainte qu'ils........
