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De l’usine au parc d’attractions « Dragon Ball » : quand la puissance change de paysage

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17.09.2026

L’annonce de la création d’un parc d’attractions près de Cergy, dans le Val-d’Oise, a suscité un débat. Ce projet symboliserait le déclin industriel de la France.

L’annonce de la création d’un parc d’attractions près de Cergy, dans le Val-d’Oise, a suscité un débat. Ce projet symboliserait le déclin industriel de la France.

Derrière la controverse se trouve l’opposition entre industrie, synonyme de puissance, et tourisme, qui symboliserait le déclin, voire la décadence.

Derrière la controverse se trouve l’opposition entre industrie, synonyme de puissance, et tourisme, qui symboliserait le déclin, voire la décadence.

Ce débat est intéressant pour ce qu’il dit des imaginaires de la puissance. Celle-ci n’a pas disparu avec les cheminées des usines. Elle s’est déplacée.

Ce débat est intéressant pour ce qu’il dit des imaginaires de la puissance. Celle-ci n’a pas disparu avec les cheminées des usines. Elle s’est déplacée.

Il est tout de même étonnant qu’en 2026 il suffise d’annoncer un grand parc d’attractions pour réveiller l’une des oppositions les plus ancrées de notre imaginaire économique. Il y aurait des nations qui produisent et d’autres qui se distraient, il y aurait ceux qui fabriquent le monde et ceux qui se contentent d’en jouir.

La désindustrialisation ne désignerait plus seulement une transformation de la structure économique. Elle deviendrait le symptôme d’un déclassement anthropologique. Après avoir construit des centrales, des TGV et l’avion supersonique Concorde, nous construirions désormais des montagnes russes. Nous fabriquions le futur. Nous organiserions désormais notre temps libre.

Quand la puissance avait une forme

Les réactions suscitées par le projet porté par Qiddiya Investment Company sur l’ancien site de Mirapolis, près de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), en offrent un exemple presque caricatural. Plusieurs milliards d’euros d’investissement sont annoncés, plusieurs dizaines de milliers d’emplois potentiels sont évoqués, et l’univers du manga Dragon Ball pourrait notamment inspirer l’un des parcs, une fois la question des droits du créateur est réglée.

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L’origine saoudienne des capitaux est évidemment problématique. Qu’un acteur lié à la stratégie de diversification du royaume investisse massivement dans une infrastructure culturelle et touristique française mérite que l’on s’interroge sur les nouvelles géographies du capital, les stratégies d’influence et le soft power.

Derrière cette interrogation légitime, en sourd une autre, plus diffuse : comment une ancienne puissance industrielle peut-elle se réjouir d’accueillir un parc d’attractions là où elle devrait rêver de nouvelles usines ?

Une forme symbolique autant qu’une puissance économique

Imaginons un instant que les mêmes milliards soient consacrés à une usine de semi-conducteurs. Avant même d’en connaître la rentabilité, la provenance des composants, le montant des subventions nécessaires ou la réalité des emplois créés, l’investissement bénéficierait d’un crédit symbolique considérable. Nous parlerions de souveraineté, de reconquête productive et de retour de la France dans la course industrielle.

L’industrie n’est pas seulement un secteur économique ; elle est l’une des grandes formes symboliques sous........

© The Conversation