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Les exploitations agricoles au pays doivent croître pour survivre, et ce n’est bon ni pour les agriculteurs ni pour l’environnement

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03.08.2026

Avec des prix en hausse pour les semences, les engrais, la machinerie et les terres, les agriculteurs sont confrontés à de grands défis. Au Canada, la valeur de la machinerie par exploitation agricole est passée de 213 $ en 1901 (environ 8 000 $ en valeur actuelle) à plus de 278 000 $ en 2016, soit une multiplication par 35, en tenant compte de l’inflation.

Pour rester compétitifs et faire face à la hausse des coûts, les agriculteurs sont contraints d’augmenter leur production et de réinvestir dans les terres et les technologies, simplement pour se maintenir à flot. Dans un article récemment publié, je soutiens que de nombreuses exploitations agricoles doivent prendre continuellement de l’expansion pour survivre, ce qui est nocif à long terme, tant pour l’environnement que pour les agriculteurs.

Pour comprendre cette tendance, j’ai analysé les données financières à long terme d’exploitations agricoles canadiennes et j’ai pris l’exemple de la production de canneberges au Québec pour examiner les liens entre hausse des coûts, réinvestissement, expansion des exploitations agricoles et dommages environnementaux.

Deux facteurs expliquent cette situation

Deux facteurs structurels expliquent comment les agriculteurs en sont arrivés là.

Le premier est la concentration des entreprises. Le système alimentaire est aujourd’hui entre les mains d’un petit nombre d’acteurs puissants. Quatre sociétés contrôlent environ 60 % du marché mondial des semences, et cinq chaînes d’épiceries canadiennes se partagent près de 80 % des ventes au détail de produits alimentaires.

En raison de cette concentration, les agriculteurs se retrouvent coincés entre deux forces. D’un côté, les agrofournisseurs pratiquent des prix élevés, et de l’autre, les détaillants imposent une longue liste de frais de vente au détail. Les frais de listage des produits frais peuvent atteindre 6 000 dollars par article.

Le deuxième facteur est ce que les économistes appellent « l’engrenage technologique ». Une nouvelle technologie permet aux premiers qui l’adopte de diminuer leurs coûts, de décrocher des contrats avec des transformateurs et d’accroître leurs revenus. Mais dès que les agriculteurs sont nombreux à opter pour une technologie, la production totale augmente, les prix baissent et l’avantage initial........

© The Conversation - FR