L'étonnante histoire du silphium, la plante de la Rome antique aux prétendues vertus aphrodisiaques
L'étonnante histoire du silphium, la plante de la Rome antique aux prétendues vertus aphrodisiaques
Thomas J. Derrick – 13 avril 2026 à 19h55
Placé au cœur de l'économie et réputé contrôler la fécondité, le silphium était l'une des ressources les plus précieuses de l'Antiquité. Cette plante a fasciné Grecs et Romains avant de disparaître sans vraiment laisser de trace.
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Jules César en aurait conservé une réserve dans le trésor romain. D'après Pline l'Ancien, l'empereur Néron (37-68 après J.-C.) en possédait la dernière tige connue. Certains auteurs ont également avancé que la fréquence des relations extraconjugales parmi les élites romaines aurait entraîné une demande telle de ce végétal qu'elle aurait provoqué sa disparition totale. Mais de quoi parle-t-on?
Du silphium: une plante aujourd'hui disparue qui poussait autrefois à l'état sauvage dans l'actuelle Libye. Utilisée comme contraceptif et abortif, mais aussi comme remède, condiment, parfum et même pour améliorer l'élevage, ses propriétés exceptionnelles en faisaient l'une des marchandises les plus précieuses de l'Antiquité gréco-romaine. Puis, un jour, elle disparut.
Le silphium est souvent décrit aujourd'hui comme un aphrodisiaque, bien qu'aucune source antique ne le confirme. Certaines de ses plus anciennes représentations montrent une gousse en forme de cœur, ce qui pourrait être à l'origine de cette association.
Les images figurant sur des pièces de monnaie et des figurines ont conduit les botanistes modernes à se demander si le silphium était apparenté aux grands fenouils sauvages (du genre Ferula). On sait en revanche qu'il n'est pas apparenté aux plantes du genre Silphium, comme la silphie laciniée ou la silphie perfoliée, en Amérique du Nord.
Un spécimen de férule commune (Ferula communis), plante méditerranéenne du genre Ferula et de la famille des apiacées, à Bonifacio (Corse-du-Sud), le 9 mai 2008. | Jean-Pol Grandmont / CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons
Les représentations du silphium aux côtés de gazelles (une autre richesse emblématique de la Libye) suggèrent que ses tiges atteignaient généralement environ 30 centimètres de hauteur. On extrayait une résine des tiges et des racines de la plante, ensuite conservée dans de la farine, ce qui permettait son transport depuis la Libye vers des contrées plus lointaines.
Les Romains appelaient cette résine........
