La visite de Donald Trump à Pékin, nouvel épisode majeur des relations entre la Chine et les États-Unis
La visite de Donald Trump à Pékin, nouvel épisode majeur des relations entre la Chine et les États-Unis
Richard Arzt – Édité par Émile Vaizand – 14 mai 2026 à 6h55
Jusqu'au 15 mai, le président républicain se rend en Chine, ce qui est une première pour un dirigeant américain depuis 2017. Alors que leurs discussions auront des accents très internationaux, cette rencontre entre le locataire de la Maison-Blanche et son homologue Xi Jinping s'inscrit dans huit décennies d'une diplomatie très mouvementée.
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En novembre 2017, un an après avoir été élu une première fois président des États-Unis, Donald Trump a fait une visite officielle de deux jours à Pékin. À son arrivée, avant les entretiens officiels, il a été invité par Xi Jinping et Peng Liyuan, le couple présidentiel chinois, à visiter la Cité interdite avec son épouse Melania. Pendant près d'une heure, tandis que le soleil couchant éclairait les dorures des pavillons de l'ancienne résidence impériale, Donald Trump a montré un grand intérêt pour les commentaires du numéro 1 chinois et des responsables du ministère chinois de la Culture qui détaillaient différents points de l'histoire chinoise.
Le président et la première dame des États-Unis, Donald et Melania Trump, lors de leur visite de la Cité interdite, à Pékin, en compagnie du président chinois Xi Jinping et de son épouse Peng Liyuan, le 8 novembre 2017.
Manifestement, le contact entre le chef d'État américain et le secrétaire du Parti communiste chinois se passait bien. Avant de quitter les lieux, les deux couples se sont assis dans un bâtiment traditionnel, où du thé leur a été servi. Sur une tablette tactile, Donald Trump a alors montré à ses hôtes une vidéo de sa petite-fille Arabela Kushner, alors âgée de 6 ans, qui chantait en mandarin un poème chinois ancien. Xi Jinping a demandé à Donald Trump de la féliciter.
En 2017, tout indiquait donc qu'un courant de sympathie circulait entre les deux chefs d'État. Les deux hommes se sont rencontrés une première fois aux États-Unis en avril et Xi Jinping avait été invité dans la villa de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride. Et encore aujourd'hui, Donald Trump parle de son homologue chinois en disant qu'il est un «type formidable».
Pourtant, lors de sa campagne électorale de 2016, celui qui allait devenir président des États-Unis, avait largement développé, envers la puissance économique grandissante de la Chine, une méfiance déjà apparue sous la présidence de Barack Obama (2009-2017). Les États-Unis reprochaient à la Chine les subventions massives qu'elle accorde à ses exportations, les restrictions imposées aux entreprises étrangères souhaitant s'installer sur son sol ou encore la fermeture du marché chinois aux importations de produits occidentaux, notamment par des droits de douane importants.
Autant de données qui ont amené l'administration états-unienne à durcir les conditions de ses relations économiques et commerciales avec la Chine. Les mesures prises sous le premier mandat de Donald Trump à l'égard de nombreux produits chinois ont été poursuivies sous Joe Biden (2021-2025), puis reprises et amplifiées depuis la seconde élection de Donald Trump, entraînant des représailles chinoises, avant qu'une trêve commerciale ne soit conclue entre les deux pays lors d'une rencontre en Corée du Sud, à la fin du mois d'octobre 2025.
Les bases historiques d'un rapprochement
Le raidissement américain à l'égard de la Chine entame une nouvelle phase des relations entre les deux pays qui, depuis près de huit décennies, n'ont pas manqué de rebondissements. En 1949, les communistes de Mao Zedong, alliés de l'URSS de Joseph Staline, l'ont emporté sur les nationalistes de Tchang Kaï-chek, proches des États-Unis, qui ont aussitôt rompu leurs relations avec la nouvelle République populaire de Chine. Les nationalistes, eux,........
