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En Ukraine, une équipe de volontaires récupère et identifie les corps des soldats morts sur le front

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26.02.2026

En Ukraine, une équipe de volontaires récupère et identifie les corps des soldats morts sur le front

Paul Boyer, Pierre Terraz – Édité par Émile Vaizand – 26 février 2026 à 7h00

Dans le Donbass, les bénévoles d'une ONG ukrainienne récupèrent les corps des soldats tués dans les combats de la guerre russo-ukrainienne. Leur mission: identifier les dépouilles des deux camps pour que chaque famille puisse enterrer dignement ses proches.

Temps de lecture: 5 minutes

Dans le Donbass (est de l'Ukraine).Des sacs mortuaires sont positionnés en rang d'oignon dans un hangar lugubre. Ils contiennent des corps de soldats russes et ukrainiens tués dans l'impitoyable bataille pour le Donbass (est de l'Ukraine), qui a déjà avalé des dizaines de milliers d'hommes. Ces dépouilles viennent d'être ramassées près du front par une équipe de cinq volontaires de l'ONG ukrainienne Platsdarm, un nom emprunté à l'expression militaire française «place d'armes» et qui signifie «point d'appui».

Sans l'aide de ces héros de l'ombre, les cadavres des fantassins décédés resteraient à la merci des animaux sauvages et des saisons qui se succèdent. Parfois, seules des carcasses ou des os emmêlés dans des racines d'arbres sont retrouvés dans la forêt par les bénévoles de Platsdarm, plusieurs années après la mort d'un soldat.

L'écho d'un tir d'artillerie rompt le silence presque religieux qui habite le bâtiment abandonné, situé dans le village de Mykil's'ke, dans l'oblast de Donetsk (est de l'Ukraine). Avec des températures hivernales allant jusqu'à -20°C, la mission de ces volontaires est particulièrement éprouvante.

Un travail d'orfèvre médico-légal

Munis de masques et de gants en nitrile, deux volontaires soulèvent méticuleusement un premier sac. Une odeur de putréfaction envahit instantanément l'air gelé. La housse blanche, portée à bout de bras, ne semble pas peser bien lourd. «Celui-ci a l'air d'être en mauvais état, le corps ne sera pas complet», prévient Vlad, un volontaire, en ouvrant délicatement la fermeture éclair de la housse.

Un membre d'une unité de recherche des disparus de l'ONG Platsdarm tente d'identifier le corps d'un soldat, dans un hangar dont la localisation est tenue secrète, non loin de la ligne de front, dans l'est de l'Ukraine, le 25 janvier 2026. | Pierre Terraz

À l'intérieur, le cadavre est dans un état déplorable. Pas de quoi décourager le volontaire, qui retourne soigneusement la carcasse humaine à la recherche d'un signe pouvant permettre d'identifier la victime. Tout élément est utile pour enquêter:........

© Slate