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Enlèvements liés aux cryptomonnaies: «Chaque enquêteur cyber a 300 dossiers en attente de traitement sur son bureau»

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23.06.2026

Enlèvements liés aux cryptomonnaies: «Chaque enquêteur cyber a 300 dossiers en attente de traitement sur son bureau»

Pierre Coudurier, Marc-Antoine Caen Poletti – Édité par Émile Vaizand – 23 juin 2026 à 6h55

[Épisode 2/3] Depuis 2024, les enlèvements et séquestrations de détenteurs de cryptomonnaies ou d'entrepreneurs de ce secteur se multiplient en France, mettant en lumière un appareil sécuritaire fragmenté, des moyens limités et une réponse judiciaire trop lente.

Temps de lecture: 6 minutes

Une véritable psychose. Depuis quelques années en France, les forces de l'ordre constatent une vague de séquestrations visant des détenteurs de cryptoactifs ou d'entrepreneurs établis dans le secteur. Parmi les cas les plus emblématiques figure l'enlèvement de David Balland, cofondateur de l'entreprise française Ledger (spécialisée dans les portefeuilles physiques de cryptomonnaies), et de sa compagne Amandine, du 21 au 23 janvier 2025, à leur domicile dans le Cher. L'affaire a marqué un tournant dans la prise de conscience du phénomène par l'État français.

«Enlèvement de David Balland et sa femme près de Vierzon: une traque hors norme», TF1 Info, 24 janvier 2025.

À la mi-avril 2026, les autorités recensaient déjà plus d'une quarantaine de cas de séquestrations et/ou enlèvements liés aux cryptomonnaies (ou «cryptorapts») depuis le début de l'année, selon Philippe Chadrys, directeur national adjoint de la police judiciaire. La police et la gendarmerie nationales renforcent leurs dispositifs spécialisés en cybercriminalité, tandis que les unités d'élite comme la brigade de recherche et d'intervention (BRI) enchaînent les opérations de libération.

Une multitude d'enquêtes sont en cours d'instruction, touchant majoritairement les exécutants plutôt que les têtes des réseaux criminels. Car la coopération judiciaire internationale reste complexe et le traçage des cryptoactifs pas toujours aisé. De plus, la coopération avec les plateformes d'échange est inégale. Autant d'éléments qui font que l'État français peine aujourd'hui à apporter une réponse à la hauteur de l'ampleur du phénomène.

Des services en concurrence face à l'urgence

Vol, recel, blanchiment d'argent puis cryptorapts: le cyberbanditisme explose en France depuis 2024. Dans le rapport annuel dédié du ministère de l'Intérieur, publié en juillet 2025, plus de 348.000 atteintes numériques aux biens et personnes ont été enregistrées dans le pays l'année précédente, soit une hausse de 74% en cinq ans. Les nouvelles technologies ne sont pas l'unique cause du problème. Elles servent surtout à amplifier des pratiques déjà existantes, dans un contexte où les pouvoirs publics peinent à faire respecter la loi en ligne.

«Aujourd'hui, chaque enquêteur cyber a 300........

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