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On pensait s'être débarrassé de l'infection la plus mortelle au monde: elle fait pourtant son grand retour

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29.03.2026

On pensait s'être débarrassé de l'infection la plus mortelle au monde: elle fait pourtant son grand retour

Lucas Déprez-Rose – 29 mars 2026 à 7h55

Longtemps considérée comme éradiquée, la tuberculose progresse de nouveau sur fond de désengagement sanitaire et de fractures sociales.

Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur IFL Science

Longtemps considérée comme un vestige du passé, la tuberculose –une maladie responsable de plus d'un milliard de morts dans l'histoire– semblait avoir disparu des radars sanitaires, tout du moins dans les pays développés. À tel point que les États-Unis avaient réduit le financement de leurs programmes de lutte. Pourtant voilà: elle refait surface. Le nombre de cas augmente de nouveau aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plusieurs régions du monde. Comment expliquer le retour de cette infection qu'on croyait presque oubliée?

La tuberculose est causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis, un microbe qui s'attaque le plus souvent aux poumons, mais peut infecter d'autres organes. Très contagieuse, elle se transmet par de minuscules gouttelettes projetées dans l'air lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue. Ses symptômes les plus courants sont une toux persistante et des douleurs thoraciques, mais certaines personnes ne présentent aucun signe apparent. Si la maladie se soigne généralement par antibiotiques, elle peut devenir mortelle en l'absence de traitement –et certaines souches sont désormais résistantes aux médicaments.

Selon le site IFL Science, la pandémie de Covid‑19 a joué un rôle majeur dans cette résurgence. Pendant que les hôpitaux et les systèmes de santé concentraient leurs efforts sur le coronavirus, d'autres maladies infectieuses ont été délaissées. La détection et le suivi des patients ont reculé dans de nombreux pays. Ce relâchement mondial a laissé le champ libre à la bactérie, déjà bien implantée dans certains foyers de pauvreté.

L'Afrique et l'Asie du Sud‑Est touchées

Car la tuberculose reste avant tout une «maladie des pauvres». La malnutrition, la promiscuité et le manque d'accès aux soins créent des conditions idéales pour sa propagation. Dans un contexte de baisse du niveau de vie et d'inégalités croissantes, la maladie retrouve donc un terrain fertile, jusque dans les pays riches.

«Pendant des années, un financement international soutenu a permis de freiner l'incidence et la mortalité de la tuberculose dans les zones les plus touchées, rappelle Leonardo Martinez, professeur adjoint d'épidémiologie à l'Université de Boston. Mais la menace reste entière: les conséquences les plus graves touchent l'Afrique et l'Asie du Sud‑Est, là où le VIH et la tuberculose se propagent conjointement et où les systèmes de santé dépendent de l'aide extérieure».

Dans un monde globalisé, la géographie ne protège plus personne: les bactéries voyagent librement. «En matière de santé mondiale, il n'y a pas de “eux”, il n'y a que “nous”», disait le regretté médecin humanitaire et anthropologue Paul Farmer. Une phrase qui résonne aujourd'hui plus que jamais.

En 2025, l'administration Trump a drastiquement réduit les budgets dédiés à l'aide humanitaire et à la santé mondiale. Une étude menée par des chercheurs de Harvard et de Boston a estimé que ces réductions pourraient entraîner 2,5 millions de cas supplémentaires de tuberculose pédiatrique d'ici à dix ans et environ 340.000 décès d'enfants. Si Washington se retirait totalement du Fonds mondial, ces chiffres pourraient grimper jusqu'à près de 9 millions de cas et 1,5 million de morts.

Le retour de la tuberculose n'est donc pas une fatalité biologique. Il est avant tout le reflet de nos choix politiques et sociaux. Les frontières ne suffisent pas à retenir une bactérie, seule la solidarité internationale peut la contenir.

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