La guerre contre le régime iranien est une guerre juste
La guerre contre le régime iranien est une guerre juste
Laurent Sagalovitsch – 7 mars 2026 à 17h00
[BLOG You Will Never Hate Alone] Même si elle est menée par des personnages aussi problématiques que Donald Trump et Benyamin Netanyahou, cette guerre relève d'une obligation morale.
Temps de lecture: 2 minutes
Je dois être comme Donald Trump un grand sentimental, mais l'idée de débarrasser l'Iran de son régime sanguinaire l'emporte chez moi sur toute autre considération. Je n'ai aucun goût pour la guerre sauf si elle permet à tout un peuple d'échapper à la cruauté d'un pouvoir sans limites. Je n'entends rien à la diplomatie ou aux grands équilibres mondiaux, mais quand il s'agit d'œuvrer à la libération d'un pays dirigé par une caste de fanatiques versés dans des pratiques obscurantistes, je serai toujours le premier à soutenir quiconque prompt à les chasser.
Régulièrement, j'exprime dans ces colonnes la franche détestation que m'inspire Donald Trump. Je n'ai pour lui pas la moindre trace de sympathie ni même de respect. Cependant, je dois lui reconnaître une qualité, une seule, une totale absence de surmoi qui lui permet en certaines circonstances d'agir non pas comme la morale le voudrait, mais à la seule appréciation des résultats escomptés. Il y a chez Donald Trump l'expression d'une volonté brute qui ne s'embarrasse pas des scrupules habituels éprouvés par les chefs d'État, un mélange fait de morale, de prudence, de calcul, de réflexion, où l'action apparaît toujours comme la plus mauvaise des solutions.
Rien de tout cela chez Donald Trump. Il agit selon son bon vouloir, dans la parfaite ignorance du passé et de l'avenir. Le passage à l'acte n'est freiné par aucune délicatesse de l'âme ou de l'esprit, ce qui l'autorise à aller là où une personne plus sensible ne se serait jamais aventurée. Donald Trump a l'audace et la vanité de l'ignorant. Une victoire contre l'Iran, une victoire avec des lendemains radieux, le consacrerait comme l'un des plus grands présidents américains, l'égal d'un Abraham Lincoln ou d'un Franklin D. Roosevelt, une perspective quasi aphrodisiaque pour un homme aussi obsédé que lui de marquer l'histoire de son empreinte.
Quoiqu'on puisse penser de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou, quelles que puissent être leurs motivations respectives, fussent-elles des plus fielleuses, la guerre qu'ils mènent contre l'Iran est une guerre profondément juste. Elle a vocation à débarrasser la planète d'un régime qui non seulement exerce une répression sanglante vis-à-vis de sa population, mais s'entend aussi à exporter sa terreur bien au-delà de ses frontières.
Que les belles âmes qui s'émeuvent de cette guerre réfléchissent bien à leurs prises de position. Face à la barbarie, toute autre considération que de l'éradiquer complètement revient à s'acoquiner avec elle. J'entends bien la litanie des reproches, l'incertitude de l'avenir, l'absence apparente d'une opposition crédible et structurée, le risque d'un embrasement général, mais que pèsent ces critiques aussi fondées soient-elles face aux souffrances infinies d'un peuple confronté à l'arbitraire d'un pouvoir sanguinaire?
Faudrait-il encore fermer les yeux pour ne point se risquer à une guerre aux lendemains incertains? Faudrait-il laisser un tel pouvoir se perpétuer au seul motif que sa disparition risquerait d'engendrer le désordre et le chaos? Faudrait-il renoncer à son humanité pour ne point fâcher ceux qui versent dans une inhumanité innommable? S'est-on tellement amolli que la notion même de courage nous a désertés, que nous soyons devenus les spectateurs passifs d'une tragédie qui certes nous émeut, mais sans rien provoquer d'autre que des déclarations vaseuses, reflet de notre pathétique impuissance?
La barbarie appelle la guerre, elle la convoque, elle l'exige même. Qui prétend le contraire œuvre pour sa perpétuation. Quand un pouvoir emprisonne des femmes coupables seulement d'avoir refusé de porter un morceau de tissu sur leur tête, lorsqu'il torture à mort ses opposants politiques ou les enferme dans des prisons insalubres, qu'il se met à tirer sur ses propres enfants, si rien de tout cela ne nous fait prendre les armes, alors, oui, il faut vraiment désespérer du genre humain et accepter que nous ne valons pas mieux que nos aînés d'hier, quand ils laissèrent tout un peuple se faire massacrer aux confins de la Pologne.
Je préfère ma naïveté à croire aux vertus de cette guerre qu'à l'inaction érigée comme mode de gouvernance. Et je préfère l'éventuelle défaite militaire et ses lendemains chaotiques aux atermoiements coupables et, finalement, complices.
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