Cannes 2026, jour 3: «Quelques jours à Nagi», «Fatherland», «Merci d'être venu», «Teenage Sex and Death at Camp Miasma»
Cannes 2026, jour 3: «Quelques jours à Nagi», «Fatherland», «Merci d'être venu», «Teenage Sex and Death at Camp Miasma»
Jean-Michel Frodon – Édité par Émile Vaizand – 15 mai 2026 à 12h04
Parmi les nombreux films qui font l'actualité du 79e Festival de Cannes, quatre travaillent la question de l'auteur, de manières très différentes. Ils sont signés Kōji Fukada, Paweł Pawlikowski, Alain Cavalier et Jane Schoenbrun.
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«Quelques jours à Nagi», de Kōji Fukada (en compétition)
Ce n'est que très indirectement que la question de l'auteur semble être abordée par le quatorzième long-métrage du cinéaste japonais Kōji Fukada. Les deux personnages principaux sont en effet l'une sculptrice et dessinatrice, l'autre architecte; chacune confrontée à ce qui interfère avec sa pratique et ce qui vient vraiment d'elle.
Mais ce n'est pourtant pas le centre de ce que construit ici le réalisateur d'Au revoir l'été (2013), de Sayonara (2015) et de L'Infirmière (2019). D'ailleurs, de centre, le film n'en a pas vraiment. La richesse singulière de sa proposition tient en partie à la manière dont il est composé de petits blocs d'espace-temps, qui pourraient presque être chacun un très court-métrage.
Une jeune femme de la ville, Yuri (Shizuka Ishibashi), vient retrouver dans le village où elle s'est établie une ancienne amie très proche, Yoriko (Takako Matsu). Autour d'elles gravitent un jeune veuf et deux lycéens unis par un lien qui ne cesse de se resserrer.
Il sera question de faire des portraits et de planter des légumes, de dire des vérités pas forcément heureuses à entendre et de prendre acte de sentiments cachés aux autres et à soi-même. Il s'agira d'images de soi par-delà les années ou la mort. Ce sera quotidien et mystérieux, très simple par moments et vertigineux dans la succession d'une promenade en forêt et d'une confession dans la violence d'un ouragan, à la recherche de vaches en vadrouille ou dans le silence des poses à l'atelier de sculpture.
La présence, troublante sans être hostile, d'un adolescent proche des deux héroïnes. | Festival de Cannes
Bien malin qui dira ce que «raconte» Quelques jours à Nagi, mais il s'y active un vaste assemblage d'émotions, de relations, de vibrations liées aux souvenirs, aux désirs, au poids des règles sociales et au courage de chaque jour. Les innombrables manières d'activer ces tonalités sans en faire un discours, encore moins une proclamation, sont la caractéristique même du cinéma de Kōji Fukada depuis près de vingt ans.
En cela, son nouveau film est bien l'affirmation de ce qui caractérise un auteur de cinéma, dans la continuité inventive d'une manière de regarder et de partager le monde grâce à la caméra, aux sons, au montage. L'œuvre de Kōji Fukada........
