«Où trouve-t-il toute cette énergie?»: comment Donald Trump torpille la lutte mondiale contre le changement climatique
«Où trouve-t-il toute cette énergie?»: comment Donald Trump torpille la lutte mondiale contre le changement climatique
Gérard Horny – Édité par Émile Vaizand – 3 avril 2026 à 6h55
Il l'avait annoncé, il tient parole: le président républicain fait tout ce qu'il peut pour développer l'usage des énergies fossiles au détriment des énergies renouvelables. Et ses actions ont un impact fort, bien au-delà des seuls États-Unis.
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S'il fallait faire la liste de tous les méfaits accomplis par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche, un article ne suffirait pas. La guerre menée contre l'Iran montre à quel point la façon désordonnée et irréfléchie dont il exerce le pouvoir constitue un danger pour le reste du monde. Ses multiples volte-face sont fréquemment soulignées, au point d'avoir été à l'origine de la théorie «Taco» pour «Trump always chickens out», soit en français «Donald Trump se dégonfle toujours».
Mais il y a un sujet sur lequel il avance avec constance, sans jamais dévier d'un pouce de la trajectoire qu'il avait fixée dès le premier jour de son second mandat: détruire tout ce qui dans la politique de son prédécesseur pouvait avoir un lien avec la lutte contre le changement climatique et donner aux énergies fossiles la priorité absolue.
Les éoliennes en mer, premières cibles
Une de ses dernières actions en ce domaine a particulièrement frappé les esprits de ce côté-ci de l'Atlantique, car elle concerne une entreprise française, TotalEnergies. Le 23 mars, le président du groupe français, Patrick Pouyanné, a accepté de toucher de l'État fédéral américain 928 millions de dollars pour compenser l'abandon de ses deux projets de parcs éoliens au large des côtes des États de New York et de Caroline du Nord. Ces sommes devront au contraire être consacrées au développement de projets pétrogaziers sur le territoire des États-Unis.
En bon diplomate, Patrick Pouyanné laisse entendre que son groupe a pris cette décision de sa propre initiative par pur calcul économique, pour une allocation optimale de ses capitaux. En fait, personne n'est dupe. Il est manifeste que Donald Trump déteste les énergies renouvelables et particulièrement les éoliennes en mer. Et son ministre de l'Intérieur, Doug Burgum, a un argument imparable: les pales des éoliennes géantes gênent les radars et empêcheraient de détecter l'arrivée éventuelle de drones sur les côtes des États-Unis.
Extrait du journal télévisé «64'», diffusé le 24 mars 2026 sur TV5 Monde.
TotalEnergies n'est pas la première entreprise à avoir eu des problèmes avec ses projets en ce domaine. Mais jusqu'à présent, l'administration Trump procédait autrement: elle suspendait les permis de construire accordés sous l'administration précédente. Certaines de ses décisions ayant été annulées par la justice, elle a choisi de procéder autrement: sortir le carnet de chèques.
Au large de la côte est, cinq projets éoliens sauvés par un juge
Ainsi, au large de l'État de New York, la société norvégienne Equinor a dû interrompre son chantier sur le site Empire Wind, entre avril et mai 2025, puis l'administration fédérale lui a de nouveau ordonné de l'arrêter le 22 décembre au nom de la sécurité nationale. L'entreprise énergétique a déposé une requête devant les tribunaux et a obtenu le 15 janvier 2026 une injonction préliminaire autorisant la reprise des travaux.
Quant à la société danoise Orsted, la construction de sa ferme éolienne Revolution Wind, située au large du Rhode Island (nord-est des États-Unis), avait subi une première interruption entre août et septembre 2025. Comme ceux d'Equinor, les travaux ont aussi dû être interrompus le 22 décembre et ont également pu reprendre en janvier après la décision d'un juge fédéral américain. Revolution Wind, en dépit de tous ces obstacles, a pu entrer en fonctionnement le 14 mars. L'autre projet d'Orsted au large de New York devrait pouvoir aboutir en 2027.
Deux autres projets menés près de la côte est des États-Unis ont été concernés par la décision du 22 décembre 2025 et son annulation en janvier. Le parc éolien Vineyard Wind 1, fruit d'une collaboration entre Copenhagen Infrastructure Partners et Avangrid, filiale du groupe espagnol Iberdrola, qui avait déjà commencé à fonctionner en partie avant cette décision, a pu être entièrement terminé le 13 mars dernier au large du Massachusetts.
Quant au cinquième projet, Coastal Virginia, lancé par l'entreprise américaine Dominion Energy au large de l'État de Virginie, ses éoliennes ont commencé à fournir de l'électricité au lendemain de l'annonce de l'accord passé........
