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Affaire Dutroux, trente ans après: un séisme qui a transformé la Belgique

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13.08.2026

Affaire Dutroux, trente ans après: un séisme qui a transformé la Belgique

Au-delà du traumatisme collectif, l'affaire criminelle a révélé au grand jour de profonds dysfonctionnements dans la police et la justice belges, précipitant une réforme des institutions.

Temps de lecture: 4 minutes

13 août 2026 à 6h55 – Édité par Thomas Messias

La date reste gravée en Belgique. Le 13 août 1996, au milieu de l'été, Marc Dutroux est arrêté par la gendarmerie. L'ancien électricien de 39 ans est interpellé près de Charleroi, aux côtés de son épouse Michelle Martin et d'un complice, Michel Lelièvre. Rapidement, le pays plonge dans l'horreur. Le 15 août, Sabine et Laetitia, 12 et 14 ans, sont retrouvées vivantes dans une cache de sa maison. Quelques jours plus tard, ce sont les corps de deux autres filles, Julie et Mélissa, qui sont découverts enterrés dans un jardin, puis ceux de deux victimes supplémentaires, An et Eefje.

L'affaire déclenche une onde de choc, qui dépasse vite les frontières de la Belgique. Dans les journaux, le visage de Marc Dutroux est partout. La population, elle, vit au rythme des révélations. Elle apprend avec stupeur que le Belge avait déjà été condamné –notamment pour viols et séquestrations de mineurs– et bénéficiait d'une libération anticipée au moment des faits, mais aussi que des enquêteurs s'étaient rendus à son domicile en 1995, alors que Julie et Mélissa y étaient séquestrées. Malgré des bruits suspects, ils n'ont pas procédé à une fouille approfondie. Dans le pays, une question s'impose: comment un homme déjà connu de la justice a-t-il pu enlever, séquestrer et tuer sans être interpellé?

«Ça a été la goutte d'eau»

Rapidement, les institutions policières et judiciaires sont pointées du doigt. À l'époque, trois corps de police coexistent en Belgique: la gendarmerie, la police judiciaire et la police communale. Ces trois entités distinctes communiquent mal –non seulement entre elles mais aussi avec la justice– et se livrent concurrence. «On appelait ça la guerre des polices», se souvient Paul Ponsaers,........

© Slate