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«Les Matins merveilleux»: c'est si rare, un film queer qui ne parle pas de queerphobie

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05.08.2026

«Les Matins merveilleux»: c'est si rare, un film queer qui ne parle pas de queerphobie

Le premier long-métrage d'Avril Besson met en scène une romance tendre et évidente entre deux femmes. La réalisatrice a voulu épargner à ses personnages la moindre violence ou considération queerphobe, tendance qui commence à se développer dans le cinéma LGBT . On en a discuté avec elle.

Temps de lecture: 5 minutes

5 août 2026 à 6h55 – Édité par Thomas Messias

Céline Sciamma nous le disait en 2019, juste après la projection cannoise de son chef-d'œuvre lesbien Portrait de la jeune fille en feu: «Il y a eu un sacrifice de lesbiennes dans toute l'histoire du cinéma.» En matière de récits LGBT , le septième art a en effet une fâcheuse tendance à privilégier la tragédie. De Mulholland Drive à Boys Don't Cry en passant par Le Secret de Brokeback Mountain, les histoires queers riment le plus souvent avec souffrance, violence et haine de soi.

Même la première romcom lesbienne de grand studio américain, Happiest Season (2020), parlait d'un coming out forcé. Chez les fans de séries, l'archétype du personnage LGBT condamné à un destin tragique, voire mortel, a quant à lui hérité d'un nom: «bury your gays» («enterrez vos gays»).

Une France sans queerphobie

C'est une des raisons pour lesquelles on est tellement charmé et décontenancé par Les Matins merveilleux, premier film d'Avril Besson, en salle depuis le 29 juillet. Cette comédie romantique et mélancolique, qui était en lice pour la Queer Palm au Festival de Cannes 2026, suit la relation naissante entre deux femmes. Il ne s'agit pas d'un film de science-fiction; pourtant, il semble se dérouler dans une France où la queerphobie n'existerait pas.

India Hair (joyau du cinéma français) joue Charlie, une jeune femme a priori hétéro qui s'aventure dans un petit village du sud de la France après le décès de sa grand-mère. Au bar du coin, elle se lie d'amitié avec une serveuse trans, Marina, incarnée par la magnétique Raya Martigny. Aucune des deux n'a vécu de romance homosexuelle auparavant. Pourtant, l'alchimie est immédiate, et le rapprochement aussi simple qu'évident, sans que leur histoire ne soit polluée par la moindre considération homophobe ou transphobe.

Avril Besson nous le confirme: éviter les rebondissements sombres ou violents était un choix conscient. La réalisatrice rêvait d'«un film sans conflit», rejetant les complications narratives manufacturées. «Ce ​qui ​me ​sort ​toujours ​d'une ​comédie, ​c'est ​quand je sens un faux ​conflit. Tout ​se........

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