Municipales à Nouméa: la désillusion des électeurs indépendantistes
Municipales à Nouméa : la désillusion des électeurs indépendantistes
Dans la capitale de la Nouvelle-Calédonie, la mairie a décidé de regrouper les bureaux de vote, malgré les difficultés de déplacement des habitants des quartiers populaires, à majorité kanake et océanienne. Aucun des candidats indépendantistes, partis en ordre dispersé, ne s’est qualifié pour le second tour.
Cet article est en accès libre.
Pour soutenir Mediapart je m’abonne
NouméaNouméa (Nouvelle-Calédonie).– Devant l’église de Tindu, dans les quartiers nord de Nouméa, Josy attend « la navette solidaire » en ce jour d’élection municipale. La dame âgée n’a pas de véhicule, ce qui n’est pas vraiment un problème en temps normal, puisqu’elle se rend « à pied à l’école à côté de chez elle pour voter ». Mais cette année, les 56 bureaux de vote de la capitale de la Nouvelle-Calédonie ont été regroupés en huit lieux de vote. Le sien a donc été déplacé à la salle de Ko We Kara, à près de quatre kilomètres de son domicile.
Muneiko Haocoas, la tête de liste Mouvement nationaliste indépendantiste souverainiste (Mnis) a fait le calcul : selon elle, « sur les 25 000 électeurs qui se retrouvent très éloignés de leur bureau de vote, près de 20 000 vivent dans les quartiers à majorité kanake et océanienne ».
Des quartiers populaires où, comme à Montravel, un foyer sur deux n’a pas de voiture. À Nouville, quartier excentré constitué de squats – le nom donné aux bidonvilles de Nouméa –, trois familles sur quatre ne sont pas motorisées. Et il est impossible de compter sur les transports en commun : ici, aucun bus ne circule le dimanche. Le regroupement des bureaux de votes touche aussi les quartiers aisés, à majorité européenne, mais ceux-ci sont moins étendus et surtout, comme dans celui de Val Plaisance, 85 % des foyers possèdent un véhicule.
Agrandissement : Illustration 1
La municipalité de Nouméa justifie sa décision par « des questions de sécurité ». « Nous avons aussi de nombreux bâtiments publics qui ont été détruits pendant la crise insurrectionnelle de 2024 », indique Alan Boufenèche, directeur de la vie citoyenne à la mairie. En réalité, trois écoles, bâtiments qui accueillent traditionnellement les bureaux de vote, sont parties en fumée au moment des révoltes du 13-Mai.
Un chiffre qui ne justifie pas un tel chamboulement des habitudes, dévoilé seulement fin février. Les........
