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Affaire JeanPormanove: les vidéos de sévices bannies de Kick pullulent encore sur le Web

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22.03.2026

Affaire JeanPormanove : les vidéos de sévices bannies de Kick pullulent encore sur le Web

La justice a ordonné la fermeture des chaînes « miroirs » de JeanPormanove sur la plateforme Kick, où le streameur Raphaël Graven est mort en direct. Mais « Mediapart » a retrouvé des vidéos d’humiliations sur YouTube, TikTok ou Facebook, qui interrogent sur l’écosystème numérique dans lequel s’inscrit cette affaire.

Anass Iddou et Marie Turcan

Cet article est en accès libre.

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CeCe qui se passe sur Kick ne reste pas sur Kick. Le nom de cette plateforme australienne a été porté à la connaissance du grand public en août 2025, après que le streameur Raphaël Graven est mort en direct. C’est sur la première chaîne française, nommée JeanPormanove, que des influenceurs niçois diffusaient quasi quotidiennement des spectacles de sévices psychiques et corporels, pour récolter des dons d’internautes. Deux d’entre eux seront jugés en juillet 2026, pour provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap et abus de faiblesse.

Mais « l’écosystème JeanPormanove » dépasse en réalité largement Kick. Après chaque diffusion en direct, les vidéos étaient téléchargées et remises en ligne sur d’autres services plus mainstream, et parfois découpées pour n’en garder que les extraits les plus accrocheurs ou les plus violents. Sur YouTube Shorts ou TikTok, ces clips pouvaient atteindre des millions de vues, dépassant largement l’audience des quelques milliers de fans fidèles du live.

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Ces vidéos de violences, de moqueries et d’humiliations ont largement contribué à la renommée du Lokal (à la fois nom du lieu de tournage et nom que le groupe de streameurs se donne). Or, si la justice a ordonné en décembre 2025 le blocage des « chaînes miroirs » sur Kick (c’est-à-dire des chaînes crées uniquement dans le but de rediffuser les mêmes contenus que la chaîne originale), les vidéos pullulent encore ailleurs, sur d’autres plateformes renommées.

Mediapart en a retrouvé de nombreux exemples. Confrontées à ces résultats, TikTok et YouTube en ont supprimé des dizaines au nom du non-respect de leurs conditions d’utilisation. Meta n’a pas répondu. 

Violences physiques et humiliations

L’un des « concepts » les plus populaires du Lokal, intitulé Questions pour un golmon, repose sur une mécanique validiste (c’est-à-dire qui stigmatise ou discrimine les personnes handicapées). L’objectif : poser des questions simples à des personnes fragiles comme Raphaël Graven mais aussi Stéphane G., un homme handicapé sous curatelle financière surnommé Coudoux, et se moquer de leurs réponses.

Sur TikTok, certaines de ces séquences atteignent jusqu’à 880 000 vues, montrant Owen C., plus connu sous le nom de Naruto, et Safine H. provoquer ou humilier les personnes présentes. Ces deux streameurs comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Nice cet été, notamment pour provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap et abus de faiblesse.

D’autres séquences relèvent de violences physiques. Dans une vidéo visionnée plus d’un million de fois sur TikTok, Naruto saisit une ardoise et frappe violemment Jean Pormanove. La publication, accompagnée du mot-clé #rire, totalise plus de 8 000 mentions « j’aime ». Dans les commentaires, certain·es internautes encouragent la scène ou s’en amusent : « Encore plus fort la prochaine fois », écrit l’un d’eux. « C’est ça qu’on veut voir », ajoute un autre.

Le « jeu de la claque », très présent dans les vidéos du Lokal, fait aussi partie des séquences les plus rediffusées. Une personne – souvent Raphaël Graven ou Coudoux – assise, les yeux fermés, reçoit une gifle et doit deviner qui l’a donnée. Dans une vidéo intitulée « JP devient noir au jeu de la claque, il finit aux urgences », une bombe de peinture est claquée contre sa joue : 660 000 vues. Un autre extrait, « Coudoux met un giga-KO au jeu de la........

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