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Virginie Martin : "Le cool est une esthétique du pouvoir"

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11.05.2026

Matcha. Sneakers. Hoodies. Cheveux gris laissés naturels. Yoga. Rap. Fluidité. Anti-raideur. Culture tech. Corps entretenus. Jeunesse prolongée. « 60 is the new 40 ». Nous pensions encore analyser la politique avec les anciennes variables : âge, patrimoine, religion, catégorie sociale, diplôme, territoire. Mais une autre variable semble s’être imposée silencieusement : le cool. Pas le cool adolescent. Pas le cool publicitaire. Le cool comme nouveau régime du désirable.

Aujourd’hui, dans les métropoles culturelles, médiatiques et technologiques, il ne suffit plus d’être puissant. Il faut paraître fluide. Mobile. Vivant. Décontracté. Poreux aux codes du monde contemporain. Le vieux bourgeois français montrait son pouvoir. Le nouveau veut montrer qu’il peut circuler partout. Et c’est peut-être là que Matthieu Pigasse devient intéressant.

Banquier d’affaires parmi les plus puissants de France, incarnation historique du capitalisme financier, Pigasse aurait dû symboliser l’ancien monde bourgeois : vertical, sérieux, patrimonial. Or il raconte – ou tente désormais de raconter – tout autre chose.

Une partie des nouvelles élites ne cherche en effet plus à apparaître dominante, mais culturellement désirable. Elle écoute du rap, fréquente les univers de la tech, brouille les codes sociaux, mélange les........

© Marianne