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"Le débat politique ne doit pas invisibiliser plus d’un million de professionnels de santé"

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02.07.2026

Alors que plusieurs dossiers majeurs concernant les professions d’auxiliaires médicaux semblent aujourd’hui au point mort, un constat s’impose : les professions de santé non médicales restent les grandes oubliées du débat présidentiel.

Alors que la loi infirmière a été adoptée à l’unanimité en 2025, sa mise en œuvre semble déjà entravée, notamment dans le secteur libéral, par une interprétation excessivement restrictive de ses dispositions mais aussi par un avis de l’HAS (Haute autorité de santé) se faisant – sans base scientifique ou juridique – le relais des agents de l’immobilisme.

La consultation infirmière est réduite à une portée minimale, l’accès direct à l’infirmier dans le cadre de son rôle propre demeure largement inexistant, la réingénierie des spécialités est perdue dans les limbes administratifs et l’approche populationnelle (prendre en compte les besoins de santé de la population dans son ensemble et pas uniquement du patient pris individuellement) des infirmiers en pratique avancée (IPA) se retrouve confinée à des débats administratifs. Peu à peu, le texte est vidé de son ambition initiale.

Une réforme adoptée, mais déjà neutralisée

Pourtant, son objectif est clair : permettre aux infirmières et aux IPA de répondre de manière globale, coordonnée, graduée et équitable aux besoins des patients, des territoires et des parcours de vie. Dans le même temps, le débat public continue de se focaliser presque exclusivement sur l’accès aux médecins, comme si la réponse aux défis du système de santé ne pouvait provenir que de la seule sphère médicale. L’expérimentation permanente est devenue une manière élégante de différer les décisions politiques courageuses. Elle donne l’apparence du mouvement tout en maintenant les professions concernées dans une attente institutionnelle indéfinie.

À lire aussi : "Une trahison de la promesse républicaine d’un accès aux soins égal pour tous, sur l’ensemble du territoire"

Alors même que certains messages sanitaires urgents continuent d’être adressés d’abord aux médecins et pharmaciens, comme si les autres professionnels de première ligne n’étaient pas directement concernés........

© Marianne