Loïc Hecht : "Peut-être que, comme dans 'Matrix', la simulation a besoin d'idiots utiles"
Marianne : Ne tergiversons pas : vit-on dans une simulation ?
Loïc Hecht : Au sortir de l'enquête, impossible de répondre par oui ou non. Mais la question que pose l’hypothèse de la simulation est de savoir si la réalité telle qu’on la perçoit correspond à la réalité telle qu’elle existe en dernier ressort. Et au regard des découvertes depuis un peu plus d'une centaine d'années en matière de physique quantique et de neurosciences, tout tend à indiquer que la réalité telle qu'on la perçoit n'est pas la réalité telle qu'elle est. Cette intuition, vieille de plus de 2 500 ans, a été récupérée par la Silicon Valley, d’abord par le biais du philosophe-idéologue Nick Bostrom, puis par Elon Musk.
Il existe deux théories distinctes, c’est ça ?
La première est une approche matérialiste. C'est la version défendue par nos amis de la Silicon Valley. Leur argument est de dire qu'on est passé, en l'espace de 60 ans, de jeux vidéo très rudimentaires type Pong à des jeux vidéo extrêmement élaborés, combinés à des évolutions technologiques comme l’intelligence artificielle ou les interfaces cerveau-machine. Que se passerait-il si une civilisation avait connu le même degré de développement technique, mais sur plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires ? Ils formulent une hypothèse : si cette civilisation est parvenue au stade où elle comprend la conscience, elle pourrait la reproduire et l’implanter sur n'importe quel substrat. Dès lors, pourrait fabriquer des simulations où les habitants auraient l’illusion d'être conscient. Et ces habitants, peut-être nous, seraient des Sims à l'intérieur du jeu vidéo d'un type vivant 2 000 ans dans le futur.
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La seconde hypothèse postule l'inverse : la........
