Frappes en Iran : "L’objectif n’est plus le changement de régime, mais l’affaiblissement et la destruction"
Après des semaines d'escalade des tensions, et malgré les tractations diplomatiques en cours entre Téhéran et Washington, les États-Unis ont lancé une opération militaire conjointement avec Israël en bombardant l'Iran le 28 février. Les frappes ont fait plusieurs centaines de morts, selon le Croissant-Rouge iranien. Unilatérale, l'attaque viole le droit international. En conférence de presse lundi 2 mars, le ministre de la Défense américain Pete Hegseth a affirmé que l'objectif n'était pas de provoquer un changement de régime en Iran. « Pas de principes d'engagement stupides, pas de "nation-building" bourbier, pas d'exercice de construction démocratique, pas de guerres politiquement correctes. Nous nous battons pour gagner », a-t-il déclaré.
Ce discours tranche avec celui déployé par les autorités américaines au moment de l'intervention en Afghanistan en 2001 et en Irak à partir de 2003. L'ambition d'y apporter la démocratie était alors présentée comme une motivation centrale. Mais pour le géopolitologue Bertrand Badie, auteur de l'essai Par-delà la puissance et la guerre (Odile Jacob) et professeur émérite à Sciences Po Paris, les États-Unis ont complètement revu leur conception de l'hégémonie, et visent désormais à affaiblir les régimes qui s'opposent à eux. Il regrette la rupture dans la posture diplomatique française et estime que la défense des principes du droit international reste le meilleur atout à disposition des Européens.
