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Christian Harbulot : "Bercy refuse d’intégrer le fait de la guerre économique"

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31.07.2026

Après trente ans d’un engagement sans faille pour sensibiliser les entreprises et les administrations françaises aux logiques de prédation économique, Christian Harbulot a quitté il y a un mois la présidence de l’École de guerre économique, qu’il a fondée avec le général Jean Pichot-Duclos en 1997. Il s’appliquera désormais à développer les activités du centre de recherche CR451, rattaché à l’école, dont la présidence sera désormais assurée par le général Jean-Claude Gallet, ancien commandant de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

« Le général Jean-Claude Gallet apporte une culture de l'État nourrie par trois expériences : le renseignement, la sécurité civile et le monde de l'entreprise confronté aux réalités du monde contemporain », le décrit son prédécesseur. À l’occasion de ce passage de relais, Christian Harbulot revient pour Marianne sur la nécessité de refonder le logiciel économique français.

Marianne : Vous avez fondé l'École de guerre économique il y a près de trente ans. L'utilité de l'intelligence économique est-elle mieux perçue depuis ?

Christian Harbulot : Je pense que l'évolution du monde est telle que, du côté des entreprises, il y a une prise de conscience inévitable. Une réflexion stratégique sur le lien entre l'entreprise, le territoire sur lequel elle s'est créée et les personnes avec lesquelles elle travaille. Mais il y a un problème. Pourquoi ? Parce que, pour l'instant, le ministère de l'Économie reste ancré dans une pensée que certains qualifieraient de libérale, voire de très libérale, et qui n'intègre pas, ou très peu, la question de la guerre économique.

La haute hiérarchie qui dirige Bercy peut procéder à quelques ajustements conjoncturels, concernant les approvisionnements en matières premières ou les conséquences du blocage du détroit d'Ormuz, mais refuse de changer de logiciel. Y compris sur des enjeux majeurs comme l'économie de la santé, l'agroalimentaire, ou encore l'énergie.

Comment expliquez-vous ce blocage ?

Bercy donne la priorité absolue au fonctionnement de l’État, principalement à la fiscalité et à la dette. En revanche, le pilotage de l'industrie n'est plus au cœur de ses missions. Le ministère de l'Industrie est tombé en désuétude depuis plusieurs années.

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© Marianne