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"La Haine du peuple" de Benoît Schneckenburger : et si on faisait confiance à la démocratie ?

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09.05.2026

Vladimir Poutine, Viktor Orban, Donald Trump… Voilà les vilains, les ennemis de la démocratie ! Mais les dirigeants de nos vieilles démocraties libérales européennes sont-ils pour autant, eux, de fervents défenseurs de la volonté populaire ? Pour éclairer cette question intrinsèque à tout régime démocratique, le philosophe Benoît Schneckenburger publie La Haine du peuple. Qui a peur de la démocratie ? (Fayard) dans lequel il retrace, par une analyse des grands textes de la philosophie politique, la généalogie des argumentaires mettant en doute la capacité des citoyens lambda à participer à la vie de la cité.

Si en France la démocratie demeure bien vivante, la gestion de la crise des Gilets jaunes, entre 2018 et 2019, a exhibé de manière crue les mécaniques systématiques de discrédit du peuple, soupçonné par les élites d’être, tour à tour, raciste, fasciste ou homophobe. Les petites phrases qui ont émaillé la présidence d’Emmanuel Macron sont révélatrices de ce mépris paternaliste envers les « gens qui ne sont rien », « fainéants », « illettrés », et, par-dessus le marché « réfractaires au changement ».

Méfiance envers le peuple

Convaincu d’être l'unique détenteur des recettes nécessaires au redressement de la France, il s’obstine à imposer des réformes, comme celle du système des retraites en 2023, à l’encontre du souhait de la majorité. Ses promesses répétées d’avoir recours au référendum sont restées lettres mortes. Désormais, il positionne ses fidèles pour verrouiller les institutions en cas de victoire du Rassemblement national, comme récemment en proposant........

© Marianne