Le président de la Licra sur l'appel au boycott de Gisèle Journo : "La République ne doit pas céder à la meute"
Dans une démocratie saturée d’images et de postures, la République doit retrouver le sens des mots et le poids des décisions. Elle ne peut être simplement une République en « stories », en « posts », en tacles ou en punchlines. Elle doit être une République en principes et en actes. Cette exigence vaut particulièrement lorsqu'il s'agit de combattre le racisme et l'antisémitisme.
Car l'antisémitisme, lui aussi, a changé d'époque. Il a appris la langue des réseaux sociaux. Il ne dit plus toujours « les juifs », il vitupère « les sionistes ». Il ne réclame plus nécessairement leur exclusion, il les désigne, les somme de se justifier, de se dissocier, de prouver qu'ils sont les « bons juifs ». La haine change de récit, de grammaire, pas de cible.
Contre la mise au pilori numérique
L'affaire qui oppose aujourd'hui, sur les réseaux sociaux, Gisèle Journo, Léna Situations et Rima Hassan nous oblige à regarder cette transformation en face. Une personnalité politique désigne publiquement une personne pour ses prises de position supposées favorables à Israël. Un appel au boycott suit. Des proches prennent leurs distances. Puis une campagne numérique se déchaîne, accompagnée de messages antisémites et de menaces de mort, désormais examinés par la justice.
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Il ne m'appartient pas, en tant qu'avocat, de rendre un jugement avant celui des magistrats. Mais il m'appartient, en tant que président de la Licra, de dénoncer ce phénomène : la désignation publique d'une personne suivie de sa mise à l'écart est devenue une méthode politique. L’antisémitisme se manifeste par un processus d’ostracisation. Il ne frappe plus........
