Michel Winock : "Durant la Commune, la conscience de classe s’est manifestée à Versailles plus vite qu’à Paris"
Le 18 mars 1871, une partie des gardes nationaux et de la population parisienne se soulève en réaction à la décision du gouvernement d'Adolphe Thiers de reprendre les canons acquis par les Parisiens pendant le siège de la ville par les Prussiens. S'ensuit une révolution de 72 jours, qui prend fin avec écrasement violent, connu sous le nom de « Semaine sanglante ». Une poignée de jours de printemps qui a marqué à jamais la gauche, au point que 46 ans plus tard, Lénine lui consacre un chapitre entier dans L’État et la révolution, mais aussi l'histoire de France. Ce sont ces quelques semaines, brèves et intenses, que l'historien Michel Winock retrace brillamment dans La Commune (Gallimard).
Marianne : La Commune de Paris ne dure que 72 jours, une petite parenthèse dans l’histoire de France… Pourquoi en parle-t-on encore autant ?
Michel Winock : Pour deux raisons. D’abord parce qu’il s’agit d’une guerre civile achevée en massacre : la Semaine sanglante immortalisée par le Mur des Fédérés au Père-Lachaise a laissé dans la mémoire collective une « plaie ouverte ». Mémoires, chansons, récits ont constitué un corpus commémoratif considérable. L’Insurgé de Jules Vallès en est un exemple.
