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Iran : le détroit d’Ormuz au cœur de l’équation et des négociations

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Et au centre du monde, Ormuz. Quarante jours après le début de l’offensive israélo-américaine, le détroit s’est imposé comme l’arme stratégique des Iraniens. Un levier simple et redoutable : entraver la circulation du pétrole dans la région pour faire pression sur Washington. Force est de constater que le chantage fonctionne. Téhéran instrumentalise aujourd’hui un point de passage vital du commerce mondial, non sans exalter un certain nationalisme laissant penser que le détroit leur appartient, à l’image d’un Nasser nationalisant en 1956 le canal de Suez pour faire pression sur les Français et les Britanniques. Certaines crises, par leur intensité, rebattent les cartes des rapports de force à l’échelle mondiale. Ici, une puissance régionale exploite un point faible de toutes les grandes puissances : la dépendance énergétique.

Le détroit d’Ormuz, carte maîtresse de l’Iran sur fond d’un fragile cessez-le-feu

A n’en pas douter, les Gardiens de la révolution se sont inspirés du dirigeant égyptien, dans leur volonté d’imposer un droit de péage sur cet espace. Une ligne rouge juridique : contrairement à Suez, canal artificiel sous souveraineté égyptienne, Ormuz est un détroit international. La liberté de navigation y est garantie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, que l’Iran a ratifiée.

Mais droit international ou pas, le détroit sera au cœur des discussions entre Iraniens et Américains samedi au Pakistan. Pour Téhéran, il constitue la carte maîtresse qui peut leur permettre de verrouiller le cessez-le-feu conclu en début de semaine. L’équation dépasse néanmoins largement le Golfe. Elle se joue aussi au Liban, où les frappes israéliennes se sont intensifiées mercredi. Et où la République islamique a signifié qu’elle n’entendait pas abandonner le Hezbollah.

Les négociations d’Islamabad s’annoncent tendues, voire impossibles, tant les points de vue sont divergents. Ormuz est à la fois le goulet d’étranglement et la clé du conflit : les répercussions de son blocage sont telles et engagent tant d’acteurs qu’elles contraignent Donald Trump à se plier à un exercice qui ne lui plaît pas beaucoup, la diplomatie.

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