Bally Bagayoko, c’est le présent, par Paul B. Preciado
L’une des illusions politiques générées par la représentation occidentale du temps comme une ligne avançant inexorablement du passé vers l’avenir, comme une succession d’instants identiques se succédant dans une progression imparable, est qu’elle nous oblige à croire naïvement que nous vivons en 2026 et que ce moment vient après 2025 et avant 2027. Selon cette image linéaire du temps, nous sommes convaincus de vivre dans le présent, alors qu’en réalité nous habitons presque exclusivement le temps enchevêtré et dense de l’histoire. La violence historique n’est pas quelque chose qui s’est déjà produit, mais quelque chose qui ne cesse jamais complètement de se produire.
Le langage, les assignations normatives, les inscriptions institutionnelles et les rapports de pouvoir qui nous constituent nous précèdent à tel point et pénètrent si profondément les structures subjectives et politiques d’une société que, dans une large mesure, nous vivons dans le passé. Nous nous construisons à partir de ruines épistémiques et politiques que, souvent, par privilège, arrogance ou simple stupidité, nous confondons avec des vérités naturelles ou, pire encore, avec des interprétations clairvoyantes du présent. Nous nous définissons par exemple comme hétérosexuel·les ou homosexuel·les, alors qu’en réalité ces deux notions ne sont que des vestiges de la psychopathologie patriarcale et binaire inventés en 1868, dont les modèles psychologiques, dans une société qui reconnaît l’égalité des droits, sont
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