Un cycle d’endettement est en cours. Et si c’était une bonne nouvelle?
EXPERT INVITÉ. On parle beaucoup de dette comme s’il s’agissait toujours d’un problème. Dette des gouvernements, dette des entreprises, dette des ménages: le mot lui-même évoque souvent une fragilité. Pourtant, toute dette ne s’équivaut pas. Il y a celle qui sert à financer le passé, et celle qui construit l’avenir. Or, le monde entre aujourd’hui dans l’un des plus grands cycles d’investissement depuis des décennies, et cette distinction deviendra essentielle pour les investisseurs comme pour les décideurs.
Ce cycle repose sur deux axes. D’un côté, les entreprises technologiques investissent des sommes colossales dans l’intelligence artificielle. De l’autre, les gouvernements réinvestissent dans la défense, les infrastructures, la sécurité énergétique et la résilience des chaînes d’approvisionnement. Pris séparément, chacun de ces besoins peut se justifier. Pris ensemble, ils représentent une demande mondiale exceptionnelle de capitaux.
Un tel effort d’investissement devra être financé. Et dans une large mesure, il le sera par de nouvelles émissions de dette. Le Fonds monétaire international prévoit que la dette publique mondiale dépassera 100% du PIB d’ici 2029, tandis que l’OCDE estime que les gouvernements et les entreprises emprunteront 29 000G$US en 2026, environ le double du niveau observé il y a dix ans. Voilà beaucoup d’obligations à........
