menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Bourse: ce que j’ai tiré de mes vacances

27 0
20.03.2026

EXPERT INVITÉ. Deux semaines au soleil, en famille, ça fait du bien. C’était d’ailleurs la première fois que nous allions au Mexique depuis très longtemps, ayant l’habitude de nous reposer en Floride ces dernières années.

Ce fut une bonne décision, car nous avons adoré notre séjour au Mexique… et j’ai pu pratiquer mon espagnol.

J’avais vraiment besoin de vacances reposantes. Ne rien faire pendant deux semaines, sauf me reposer, lire, passer du bon temps en famille et réfléchir.

Voici quelques constats que je tire de ces vacances.

Il y a un monde de différence entre les nouvelles du jour et ce qui importe vraiment. Il n’y a aucune direction dans les événements quotidiens, que ce soit en ce qui concerne la guerre en Iran, la situation avec les tarifs ou la politique américaine.

C’est peut-être la stratégie de Donald Trump de maintenir la planète entière en alerte. Quoi qu’il en soit, les nouvelles quotidiennes et les mouvements boursiers ne sont que du bruit que tout investisseur à long terme doit ignorer (ou, à tout le moins, de ne pas les laisser influencer sa philosophie d’investissement).

Nous jouons la « partie longue » et ce qui importe, c’est d’investir pour le long terme dans des sociétés qui sauront créer de la valeur pour leurs actionnaires au cours des 10 ou 20 prochaines années.

De plus, il existe parfois un monde de différence entre les mouvements boursiers journaliers et la valeur réelle des entreprises. À court terme, de nombreux facteurs peuvent influencer le cours des titres de ces sociétés en portefeuille : le cours du pétrole, les taux d’intérêt, les tarifs, les données économiques, etc.

Les modes et les mouvements spéculatifs ont également un effet sur les cours à court terme. Cependant, à moyen et long terme, ce sont les bénéfices nets des entreprises qui détermineront leur valeur, et rien d’autre. La vaste majorité du temps, les prix et la valeur des sociétés en Bourse sont à peu près alignés ; parfois, ils peuvent se déconnecter significativement, d’un côté comme de l’autre. Je crois que nous vivons une de ces périodes pour de nombreuses sociétés aujourd’hui.

Ainsi, il est souvent erroné de se laisser influencer par les mouvements à court terme des cours boursiers de ses titres ; il vaut mieux se concentrer sur notre estimation de leur valeur intrinsèque et sur les perspectives de croissance à long terme de nos entreprises en portefeuille.

J’ai voulu, pendant deux semaines, me couper du monde de la Bourse et de l’investissement, mais ce fut peine perdue. Autant me l’avouer, j’adore l’investissement et la gestion d’une entreprise, et il n’est pas utile d’essayer d’arrêter d’y penser, ça fait partie de moi. Pour paraphraser une citation populaire, on peut sortir l’investisseur de la Bourse, mais on ne peut pas sortir la Bourse de l’investisseur !

J’ai pu constater une fois de plus que la lecture est de loin la meilleure chose à faire pour apprendre et s’améliorer. J’ai lu une douzaine de livres pendant mes vacances, quelques romans (j’ai adoré le roman historique Les Guerriers de l’hiver d’Olivier Norek (*****) et le nouveau livre de Michael Connelly, Sans âme ni conscience (****1/2), qui nous plonge dans le monde de l’IA et de ses dérives potentielles, des biographies (The Price of Peace de Zachary D. Carter, sur la vie de John Maynard Keynes) et quelques ouvrages de finance, dont The Compounders d’Oddbjorn Dybvad, Kjetil Nyland et Adnan Hadziefendic (***1/2).

J’ai aussi pris le temps de lire quelques lettres annuelles de présidents à leurs actionnaires, dont celles de Markel (MKL, 1883,06$US) et de Berkshire Hathaway (BRK.B, 480,49$US), toujours très instructives. Alors que nous sommes tous obnubilés par nos téléphones « intelligents », les livres et la lecture restent, selon moi, le meilleur moyen d’apprentissage (et de divertissement).

Dernier constat : les vacances sont essentielles et font partie intégrante de la productivité et de la performance de tout employé. Ne pas prendre de vacances ne mène pas à une plus grande productivité.

Je reviens revigoré et encore plus focalisé sur l’horizon à long terme.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA Chef des placements chez COTE 100


© Les Affaires