Tout le monde veut une IA autonome. Les gagnants gardent un humain dans le cockpit.
Un texte de Fayçal Hajji, président et fondateur de l’agence The Un Known
LES IDÉES DES AFFAIRES. «On veut que ça roule sans nous.»
C’est la phrase que j’entends le plus souvent depuis le début de l’année. Un dirigeant me la dit, fier, à propos d’un processus qu’il vient d’automatiser. Je lui pose alors la question que je pose toujours: et quand le système se trompe, qui s’en aperçoit ?
Pas un silence gêné. Un silence honnête. Parce que la vérité, c’est que personne ne s’en apercevrait. Le processus tourne, les résultats sortent, l’équipe est passée à autre chose. Tant que rien ne casse de façon visible, on présume que tout va bien.
On a confondu «ça fonctionne» avec «je n’ai plus à vérifier».
Et c’est précisément là que le piège se referme.
En 2026, tout le monde veut une IA qui décide seule. On l’appelle l’IA agentique: des agents qui planifient, agissent et enchaînent des tâches sans qu’une personne valide chaque étape. Le marché y croit dur comme fer. Selon Gartner, les dépenses mondiales en logiciels d’agents IA passeront de 86 à 206 milliards de dollars américains entre 2025 et 2026.
Mais la même firme glisse une statistique qu’on cite beaucoup moins: plus de 40% de ces projets seront abandonnés d’ici 2027. Pas parce que les modèles ne fonctionnent pas, mais parce que les coûts dérapent, que la valeur d’affaires reste floue et que les........
