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Banque du Canada: le taux directeur n’ouvrira pas le détroit d’Ormuz

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18.03.2026

Par Pierre-Benoît Gauthier, vice-président, Stratégie de placement chez IG Gestion de patrimoine

LES IDÉES DES AFFAIRES. Oubliez pour le moment l’idée que la prochaine étape est évidente pour les banques centrales. La remontée récente du pétrole complique l’équation inflationniste, mais il faut bien comprendre la nature du choc.

Ce n’est pas une inflation provoquée par une économie qui roule trop vite, par une demande excessive ou par un marché en surchauffe. C’est un choc d’offre, alimenté par la géopolitique. Autrement dit, ce n’est pas le genre de phénomène qu’une hausse du taux directeur corrige vraiment. Quand on y pense, en quoi une hausse de taux ouvrirait le détroit d’Ormuz? La question devient alors: ok, mais est-ce que le ralentissement économique provoqué par la hausse des prix de l’énergie peut nécessiter une baisse?

Le marché a son idée là-dessus. Les taux indiquent que l’on devrait envisager une hausse en deuxième moitié d’année. Je suis sceptique face à cette lecture, surtout dans le contexte canadien. L’économie du pays montre déjà plusieurs signes d’essoufflement. La croissance est encore très faible, l’immigration ralentit, le marché de l’habitation reste largement paralysé et plusieurs secteurs liés au logement perdent de leur élan. L’économie canadienne repose beaucoup sur l’immigration et l’immobilier depuis un temps déjà, et ce moteur tousse un peu.

À cela s’ajoutent des niveaux d’endettement élevés et un marché de l’emploi qui commence à envoyer des signaux plus mitigés. Dans ce contexte, la hausse du pétrole représente probablement davantage un risque pour la croissance qu’un motif crédible de hausse de taux. C’est pourquoi je crois toujours qu’une baisse de taux demeure possible d’ici la fin de l’année au Canada, d’autant plus si les données continuent de se détériorer.

Plus globalement, il est tout à fait plausible que les banques centrales réagissent différemment selon les réalités régionales. Certains pays pourraient devoir tolérer une inflation un peu plus élevée, tandis que d’autres, plus fragiles sur le plan de la croissance, pourraient au contraire assouplir. Les banques centrales sont beaucoup moins prévisibles qu’elles l’ont déjà été dans le contexte actuel. Mais pour ce matin, il n’y aura pas de surprise ni ici ni au sud.

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