Voitures autonomes: enfin du concret?
EXPERT INVITÉ. Pendant plus d’une décennie, la conduite autonome a probablement été l’une des technologies les plus prometteuses… mais également l’une des plus décevantes pour les investisseurs. Les démonstrations se sont multipliées, les levées de fonds se sont enchaînées et les annonces spectaculaires ont souvent précédé la réalité industrielle. Pourtant, quelque chose semble avoir profondément changé la semaine dernière.
Avec l’adoption du premier règlement technique mondial consacré aux systèmes de conduite autonome, le débat ne porte plus uniquement sur la capacité des véhicules à se conduire seuls, mais sur les conditions qui permettront enfin leur déploiement commercial à grande échelle.
Comme souvent, lorsqu’une technologie obtient un véritable cadre réglementaire international, elle cesse progressivement d’être une simple innovation pour devenir une industrie à part entière. Cette évolution pourrait donc marquer un tournant bien plus important qu’il n’y paraît aujourd’hui. Synthèse et analyse.
L’événement est probablement passé relativement inaperçu auprès d’une grande partie des investisseurs, alors qu’il constitue sans doute l’une des avancées les plus importantes de ces dernières années pour l’industrie automobile.
Les Nations Unies viennent d’adopter un nouveau règlement technique mondial consacré aux systèmes de conduite autonome (Automated Driving Systems), résultat de plusieurs années de travail réunissant constructeurs automobiles, équipementiers, autorités réglementaires et spécialistes de la sécurité routière.
L’objectif est simple: harmoniser progressivement les exigences techniques, les procédures d’homologation ainsi que les critères de sécurité qui permettront aux futurs véhicules autonomes d’être commercialisés dans un nombre croissant de pays.
Jusqu’à présent, chaque constructeur développait sa propre technologie tandis que chaque juridiction élaborait ses propres règles, créant une fragmentation réglementaire qui freinait considérablement le développement du secteur.
Ce nouveau cadre ne signifie évidemment pas que toutes les voitures deviendront autonomes demain matin, mais il réduit une partie importante de l’incertitude qui pesait jusqu’ici sur les investissements industriels.
Comme souvent, les grandes ruptures technologiques ne commencent véritablement que lorsque la réglementation cesse d’être un obstacle pour devenir un accélérateur.
Pourquoi cette réglementation change probablement tout
L’histoire économique montre que les innovations les plus importantes ne décollent véritablement qu’au moment où elles disposent d’un environnement réglementaire suffisamment clair pour permettre aux industriels d’investir massivement.
L’aviation commerciale, Internet, les télécommunications mobiles ou encore les paiements électroniques ont tous suivi cette même logique: la technologie existait depuis........
