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Quand le crédit «buy now, pay later» paie l’épicerie

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EXPERT INVITÉ. Au début, le Buy Now, Pay Later (BNPL ou financement par emprunt à court terme) semblait être une innovation de paiement presque anodine: une manière plus simple d’acheter un téléphone, une paire de chaussures ou un meuble, puis de régler la facture en quelques échéances sans frais (c’est important).

Aujourd’hui, il raconte une histoire plus vaste sur le consommateur américain, sur l’érosion de son pouvoir d’achat et sur la transformation du crédit à la consommation. Après avoir bénéficié au printemps de remboursements d’impôts exceptionnellement élevés, après avoir puisé dans l’épargne accumulée pendant la pandémie et utilisé davantage les cartes de crédit, une partie des ménages cherche désormais à lisser ses dépenses par de très petits crédits, parfois pour des achats essentiels. Le BNPL n’est pas encore un risque systémique, il est devenu un thermomètre social et financier particulièrement intéressant. Synthèse et analyse.

Le Buy Now, Pay Later, ou BNPL, permet à un consommateur de fractionner immédiatement le paiement d’un achat. Le produit le plus courant est le pay-in-four: le client paie 25% au moment de l’achat, puis règle trois échéances identiques, généralement toutes les deux semaines.

Dans sa forme la plus simple, le crédit est sans intérêt pour le consommateur, à condition qu’il paie à temps. Le marchand finance en partie ce confort en versant une commission au prestataire de paiement, car la possibilité de fractionner l’achat augmente souvent le taux de conversion et le panier moyen.

Le modèle s’est développé à une vitesse spectaculaire. Les six principaux acteurs américains (Affirm, Afterpay, Klarna, PayPal, Sezzle et Zip) ont accordé environ 336 millions de prêts BNPL en 2023, contre moins de 20 millions en 2019.

La valeur des prêts accordés par ces mêmes entreprises est passée de 2,2 milliards de dollars américains (G$US) en 2019 à 43,9G$US en 2023. Après l’explosion initiale liée à la pandémie, la croissance est devenue moins spectaculaire, mais elle reste proche de 20% par an en termes réels depuis 2021.

Le marché total américain aurait ainsi représenté environ 70G$US de transactions en 2025. C’est encore peu face aux plus de 6300G$US de dépenses réglées par cartes de crédit, soit à peine 1,1% du total.

Mais la taille actuelle du marché ne dit pas tout. Le BNPL ne représente pas seulement une nouvelle méthode de paiement, il devient une nouvelle manière de conserver une consommation qui, sans cela, devrait parfois être différée.

Un crédit souvent «invisible»

La différence essentielle avec une carte de crédit réside dans la visibilité du risque. Une carte de crédit fait habituellement l’objet d’un contrôle de solvabilité et son utilisation est largement suivie par les bureaux de crédit. Le BNPL, lui, a longtemps fonctionné avec des contrôles plus légers. Beaucoup de prêts ne nécessitent pas de vérification approfondie du dossier de crédit et, surtout, les remboursements ne sont pas systématiquement transmis aux agences de notation.

Cela signifie qu’un consommateur peut cumuler plusieurs échéances auprès de plusieurs applications, sans que chaque prêteur ait une vision complète de ses engagements.

La dette est faible à chaque achat, mais elle peut devenir significative lorsqu’elle s’additionne à un loyer, une........

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