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Et si les minières d’or avaient un nouveau moteur de croissance?

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13.10.2026

EXPERT INVITÉ. Pendant des années, acheter une minière d’or revenait à acheter de l’or avec du levier, mais aussi avec de la dette, une géologie incertaine et des dirigeants souvent tentés de grossir trop vite. Lorsque le prix du métal montait, les producteurs annonçaient de nouveaux projets ou des acquisitions coûteuses, lorsque le cycle se retournait, les actionnaires découvraient que les onces achetées ne valaient pas le prix payé.

Cette équation est peut-être en train de changer : la rareté des découvertes, la qualité accrue des actifs et un retour apparent à la discipline financière font de la consolidation un possible catalyseur, et non plus seulement un risque. Le sujet n’est donc plus simplement de savoir jusqu’où peut monter l’or, mais si les sociétés minières peuvent enfin transformer cette hausse en valeur durable par action. Synthèse et analyse.

Investir dans les mines d’or ne revient plus simplement à parier sur le prix du métal. La hausse de l’or relance la consolidation, mais elle rend surtout la sélection des producteurs décisive : les gagnants seront ceux capables de transformer ce prix élevé en réserves durables, en durée de vie des mines et en cash-flow par action.

L’offre non sollicitée de Gold Fields (GFI) sur Northern Star (NST) est le meilleur révélateur.

Valorisé à environ 27 milliards de dollars américains (G$US), le projet aurait créé le deuxième producteur mondial, avec 4,1 millions d’onces annuelles et 80% de la production en Australie, en Amérique du Nord et au Chili.

Mais Northern Star l’a refusée, jugeant le prix insuffisant et l’exposition aux actions Gold Fields trop élevée. Le financement, largement en actions, montre que le secteur veut éviter les excès de dette des cycles précédents.

C’est précisément le signal d’investissement : une acquisition ne vaut pas par sa taille, mais si elle améliore le cash-flow, la qualité des réserves et la visibilité des actifs, par action.

Il faut donc privilégier les producteurs aux réserves longues, aux coûts maîtrisés et aux juridictions solides, plutôt que les groupes qui achètent des onces chères simplement pour grossir.

La consolidation est un catalyseur, mais la discipline du capital reste le véritable moteur de la performance boursière.

Le nouveau déclencheur

L’or est coté chaque seconde, une réserve de qualité est un actif rare, qui peut demander près de vingt ans entre sa découverte, ses autorisations et sa mise en production. C’est cette différence qui change aujourd’hui la lecture des minières aurifères.

Selon S&P Global Market Intelligence, 371 grands gisements aurifères ont été découverts entre 1990 et 2025, représentant environ 3,2 milliards d’onces de ressources, de réserves et de production historique.

Depuis 2020, seuls neuf nouveaux gisements ont dépassé le seuil de deux millions d’onces, pour un total de 38 millions d’onces.

Le contraste est frappant: 28 découvertes majeures avaient été recensées au pic de 1995, contre une seule en 2022. Les découvertes sont aussi plus petites, avec une taille moyenne de 4,3 millions d’onces depuis 2020, contre 7,3 millions au cours des années 2010.

À peine 45% des annonces de ressources depuis 2020 concernent de véritables nouveaux sites, plutôt que l’extension ou la réévaluation de mines déjà connues. Les gisements faciles d’accès ont largement été identifiés, les nouvelles explorations se font plus profond, plus loin, avec davantage de contraintes sur l’eau, l’énergie, les permis et l’acceptation locale.

Entre la découverte et la première production, il faut désormais environ seize ans. Même une excellente découverte perd donc de la valeur si les autorisations ou la construction prennent trop de temps.

La hausse du prix de l’or ne peut donc pas créer rapidement une nouvelle offre de qualité. Pour un producteur, posséder des réserves exploitables longtemps, proches d’une infrastructure et situées dans un pays stable devient plus précieux qu’annoncer une simple hausse de production.

Une réserve n’est pas un chiffre abstrait dans un rapport annuel. C’est la possibilité de........

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