L’ombre de Legault plane toujours
LES 300 SPÉCIAL MAIN-D’ŒUVRE. Il était rassurant d’observer le démarrage du nouveau gouvernement de Christine Fréchette et la démonstration de son leadership.
En une semaine, la nouvelle première ministre a conclu une entente raisonnable sur la rémunération des médecins spécialistes, a débloqué 700 millions de dollars (M$) pour la construction du nouvel hôpital Maisonneuve-Rosemont, a rencontré le premier ministre Mark Carney et s’est rendue à Washington pour échanger avec Jamieson Greer, représentant américain au commerce, qui jouera un rôle clé dans la renégociation de l’accord commercial Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
S’ajoute à ces réalisations, l’annonce de plusieurs mesures qui montrent sa capacité décisionnelle et sa volonté de se démarquer du gouvernement usé de François Legault. C’est une manœuvre délicate, que Kamala Harris n’a pas su accomplir face à Joe Biden en 2024. On verra jusqu’où Christine Fréchette pourra s’affirmer sans renier le gouvernement auquel elle a appartenu dans le court espace de temps d’ici les élections (5 octobre). François Legault a nui à son parti en procrastinant, comme l’avait fait l’ex-président démocrate.
Certaines de ses nominations révèlent sa volonté de mieux coopérer avec les partenaires du gouvernement, notamment d’« abandonner la culture de confrontation » avec le fédéral, a commenté le nouveau ministre des Relations canadiennes, Jean Boulet, dont on connaît les talents de médiateur, contrairement à son ex-chef, qui a souvent attaqué Justin Trudeau. Alors qu’il quémandait de nouveaux pouvoirs à Ottawa, François Legault a demandé aux Québécois de voter pour le Parti conservateur de Pierre Polièvre, une tactique qui s’est révélée un échec.
À part une entente survenue dans le financement de logements, le gouvernement Legault n’a à peu près rien obtenu du fédéral. Reste à voir si le gouvernement Fréchette résistera à la tentation de s’«enfarger» dans les........
