Ce que mon carré rouge a laissé dans ma pratique des RH
EXPERTE INVITÉE. Je regarde les lycéens français se mobiliser et je reconnais quelque chose qui précède leurs slogans: cette impatience devant un avenir dont les conditions se négocient sans vous.
Ils réclament des enseignants et de meilleures conditions d’études. Ils rappellent aux adultes que les promesses d’avenir ont besoin de locaux, de moyens et de personnes pour les tenir.
Depuis le Québec, je les regarde avec une vieille couleur qui remonte.
J’ai été carré rouge.
Quelques centimètres de feutre à hauteur de cœur. Une conviction assez grande pour déborder du manteau: l’endroit d’où l’on vient ne devrait jamais décider jusqu’où l’on pourra aller.
Dans ce morceau de tissu, j’avais mis ma part d’avenir. J’y avais aussi mis celle des autres. Les personnes pour qui chaque hausse signifie un quart de travail supplémentaire, chaque détour coûte plus cher, chaque porte fermée ressemble à une confirmation.
Les années ont passé. J’ai des responsabilités, des réunions, une carte d’accès.
Le carré rouge, lui, continue d’entrer avec moi.
La colère sait traverser l’océan
Je me demande si la gronde des lycéens trouvera un écho ici.
Les contextes français et québécois ont........
