Copropriétés: la prudence, cette excellente idée devenue dangereuse
EXPERT INVITÉ. Il était une fois un immeuble en copropriété dont les joints étaient étanches, les fenêtres ne faisaient pas de buée et le fonds de prévoyance permettait à ses futurs copropriétaires de planifier une belle retraite pour leur investissement commun.
Puis, l’immeuble a pris de l’âge. Les rides sont apparues. Les équipements ont commencé à grincer. Les ascenseurs et les portes de garage ont développé de petites douleurs arthritiques.
Bref, l’immeuble a fait ce que font les immeubles. Il a vieilli.
Le problème, c’est que notre système, lui, semble avoir choisi de vieillir différemment. Il a pris beaucoup de poids à cause de la malbouffe réglementaire, normative et décisionnelle.
La responsabilité sans responsable
La copropriété moderne a inventé quelque chose de remarquable: la responsabilité collective qui appartient à tout le monde en quotes-parts.
Il y avait déjà les responsabilités individuelles, professionnelles, contractuelles, administratives, légales, etc.
Plus nous ajoutons de responsabilités, plus une question finit par s’imposer: qui est réellement imputable? Car être responsable en théorie et être imputable en pratique sont deux sports complètement différents.
Dans un système sain, chacun devrait pouvoir répondre clairement de son travail. Le copropriétaire de ses obligations, l’administrateur de ses décisions, le professionnel de ses recommandations et l’entrepreneur de la qualité de ses travaux.
Comme si ce n’était pas assez, nous avons mis en........
