menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Ce n’est pas l’IA qui a congédié vos employés. C’est vous.

23 0
02.07.2026

EXPERT INVITÉ. J’ai toujours trouvé fascinant la vitesse à laquelle certains dirigeants acceptent le mérite quand les choses vont bien. Quand une entreprise double son chiffre d’affaires, le PDG monte sur scène. Quand elle conclut une ronde de financement, il donne des entrevues. Quand elle devient un succès, il est présenté comme un visionnaire.

Mais lorsque vient le temps d’annoncer des mises à pied massives, soudainement, personne n’est vraiment responsable.

C’est le marché. C’est l’économie. C’est le conseil d’administration. C’est l’intelligence artificielle. C’est le contexte.

Comme si des centaines ou des milliers de personnes perdaient leur emploi à cause d’un phénomène météorologique imprévisible.

Je vais être honnête: je ne suis pas en train de dire que les mises à pied sont toujours évitables. J’en ai vécu. J’en ai dirigé. J’ai accompagné des entrepreneurs qui ont dû prendre ces décisions douloureuses. Dans certains cas, elles sont absolument nécessaires. Mais il y a une différence énorme entre dire «nous avons dû prendre cette décision» et dire «ce n’est pas de notre faute». L’une est une démonstration de leadership. L’autre est une tentative de se déresponsabiliser.

La fois où j’ai embauché trop vite

Chez Connect&GO, après un financement important, nous avons recruté rapidement. Avec l’enthousiasme d’une entreprise qui venait de franchir une étape importante et convaincus de la trajectoire devant nous, nous avons bâti l’organisation dont nous rêvions pour demain plutôt que celle dont nous avions réellement besoin aujourd’hui. C’est une erreur classique. Mais lorsqu’elle se traduit par des mises à pied, elle cesse d’être théorique.

Je pourrais évidemment vous donner une liste d’explications: le marché n’a pas toujours évolué comme prévu, certaines hypothèses se sont révélées trop optimistes, certains cycles de vente ont été plus longs que prévu, les effets de la pandémie, etc. Tout cela est vrai. Mais aucune de ces explications ne change le fond de l’histoire: j’étais le dirigeant. J’avais approuvé ces embauches. J’avais contribué à créer........

© Les Affaires