đ§Bombardier: un avenir sous le signe de la diversification
GESTIONNAIRES EN ACTION. Bombardier a dĂ©voilĂ© de bons rĂ©sultats financiers au quatriĂšme trimestre de son exercice 2025, mais dâautres Ă©lĂ©ments positifs ont aussi retenu lâattention de Luc Girard, gestionnaire de portefeuille Ă NoĂ«l Girard Lehoux, Valeurs mobiliĂšres Desjardins.
«Globalement, on parle de rĂ©sultats solides, surtout cohĂ©rents avec ce quâon appelle la transformation de Bombardier des derniĂšres annĂ©es. Au quatriĂšme trimestre, les revenus ont atteint 3,69 milliards de dollars (G$US), ce qui reprĂ©sente une croissance de 19 % sur un an. La progression vient surtout des livraisons plus Ă©levĂ©es des jets dâaffaires, mais aussi dâun mix de produits favorables. Mais ce qui frappe le plus que la croissance des revenus, en fait, câest lâamĂ©lioration de la rentabilitĂ©. Ăcoutez, le bĂ©nĂ©fice avant intĂ©rĂȘts, impĂŽts et amortissement (BAIIA) a atteint 658 millions de dollars (M$US)», rĂ©sume-t-il.
Selon lui, les résultats montrent que Bombardier ne fait pas que vendre des avions, elle génÚre aussi davantage de bénéfices par avion.
Il retient trois éléments importants des résultats trimestriels.
Bombardier a livrĂ© 64 avions au quatriĂšme trimestre, comparativement Ă 57 lâannĂ©e derniĂšre.
LâamĂ©lioration de la rentabilitĂ© avec un bĂ©nĂ©fice avant intĂ©rĂȘts et impĂŽts (BAII) qui passe Ă 486M$US, ce qui constitue une hausse de 37% sur un an. Cet Ă©lĂ©ment indique que la restructuration des derniĂšres annĂ©es a portĂ© ses fruits avec une meilleure discipline financiĂšre, une chaĂźne dâapprovisionnement plus stable et une meilleure efficacitĂ© industrielle.
Génération de liquidités avec des flux de trésorerie libres au quatriÚme trimestre qui ont dépassé 1G$US.
Luc Girard note Ă©galement la progression du carnet de commandes, qui a atteint 17,5G$US au 31 dĂ©cembre, lui qui Ă©tait de 14,4G$US un an auparavant. «Câest quand mĂȘme une progression de 22% et ce chiffre-lĂ , il est important pour deux raisons. PremiĂšrement, il confirme que la demande pour les jets dâaffaires demeure solide, malgrĂ© les taux dâintĂ©rĂȘt plus Ă©levĂ©s et lâincertitude Ă©conomique mondiale. DeuxiĂšmement, il vous donne une visibilitĂ© sur les livraisons futures et ça stabilise les attentes au niveau du marché», dit-il.
Prévisions, tensions commerciales et division des services
Pour lâexercice 2026, Bombardier vise plus de 10G$US, plus de 157 livraisons dâavions, un BAIIA supĂ©rieur Ă 1,625G$US et des flux de trĂ©sorerie libres entre 600M$US et 1G$US.
«Câest sĂ»r que les prĂ©visions indiquent que la direction anticipe la poursuite de la croissance, mais avec une certaine prudence sur la gĂ©nĂ©ration des liquiditĂ©s, ce qui reflĂšte quand mĂȘme un environnement Ă©conomique encore incertain», soutient Luc Girard.
Du cĂŽtĂ© des tensions commerciales avec les Ătats-Unis, le gestionnaire de portefeuille estime quâil sâagit du principal point dâinterrogation en ce qui concerne le futur proche de Bombardier.
«Toute discussion sur des tarifs ou des restrictions commerciales, ça va crĂ©er de la volatilitĂ© boursiĂšre. Mais il faut faire la distinction entre les dĂ©clarations et les politiques rĂ©elles. Ă ce stade-ci, on parle davantage dâun risque de perception que dâun effet opĂ©rationnel concret», juge-t-il.
Luc Girard voit aussi dâun bon Ćil la bonne performance de la division des services, qui inclut entre autres la maintenance des appareils et le remplacement des piĂšces. «Ăa gĂ©nĂšre des revenus rĂ©currents et ça donne quand mĂȘme des marges plus Ă©levĂ©es que lorsquâon vend initialement lâappareil. Plus la flotte installĂ©e par Bombardier augmentera, plus cette activitĂ© deviendra importante, ce qui rend lâentreprise moins dĂ©pendante dans le cycle des nouvelles commandes», explique-t-il.
Il note aussi lâĂ©mergence des activitĂ©s de Bombardier dans le secteur de la dĂ©fense, qui rĂ©duisent la dĂ©pendance de lâentreprise aux cycles de lâaviation civile.
