Après les excuses, un «nous» différent
Nous sommes en deuil. Dans le quartier, des jeunes manquent. Nous sentons leur absence. Nous apprenons aujourd’hui des bribes de leur vie, voyons défiler leurs visages. Ils étaient le voisin du voisin, l’ami d’école du fils, la sœur de l’ami de cet autre voisin. Des liens invisibles occupent la ville, comme ils occupent les silences entre un mot et l’autre qui peine à être trouvé.
Alors, nous nous surprenons à commencer une phrase et l’autre, par un «nous». Incertain.
La surprise est grande dans un pays où la sphère publique et la sphère privée sont séparées par un abysse, intégrées comme telles dans l’éducation; dans un pays, en matière de sentiment d’appartenance, où le local prévaut sur le national, dans un pays; où les particularités cantonales complexifient la vision........
