Brader le respect des droits syndicaux contre un plat de lentilles?
Sous le fouet de la dite compétitivité, le patronat va multiplier ses offensives en termes de temps et d’intensité du travail, de durée de la dite vie active, d’une limitation du salaire réel, en particulier en lien avec la productivité du travail, de licenciements. Une réalité socio-politique qui prend un relief particulier dans le contexte qui encadre les négociations de la Suisse avec l’Union européenne (Bilatérales III).
Or, sans droits syndicaux, il est impossible de lutter contre ces offensives. Ainsi, parmi les mesures que les délégué∙e∙s de l’Union syndicale suisse (USS) ont réclamées1> Berne, le 31 janvier 2025: position de l ‘USS concernant le résultat des négociations sur les Bilatérales III, «Des salaires sûrs et la préservation d’un bon service public!» pour garantir la protection des salaires et le service public figure la revendication suivante: « Si les travailleuses et travailleurs s’engageant pour les droits de leurs collègues sont mieux protégés contre le licenciement, la protection des salaires sera d’autant meilleure. Une protection renforcée contre le licenciement, conforme aux normes minimales prescrites par la Convention fondamentale n° 87 de l’OIT, s’avère ici nécessaire.»
Or, pour mettre cela en perspective, il est nécessaire de faire le point sur les obstacles passés, rencontrés par cette revendication essentielle, et sur ceux encore très présents.
Entre 2000 et 2021, le taux de couverture par une convention collective de travail (CCT) des personnes travaillant en Suisse a augmenté de 40,9% à 49,6%2> Hans BAUMANN, work, 14 mai 2024.. C’est sans doute positif, même si certaines CCT se bornent à reproduire le Code des obligations – très permissif en matière de droits patronaux – ou excluent de leur champ d’application les personnes travaillant à titre temporaire ou avec un contrat à durée déterminée, dont le nombre ne cesse d’augmenter depuis le début des années 19903> Voir notamment Le travail temporaire en Suisse, importance, abus et revendications syndicales, juillet 2019, Daniel Lampart et Joël Bühler..
Mais il y a plus grave: cet accroissement s’est accompagné d’une érosion de la présence syndicale active sur le lieu de travail. Le licenciement trop fréquent des représentant·es élu·es des salarié·es, facilité par la protection inexistante ou........
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