La solidarité plutôt qu’une neutralité rigide
La neutralité est aussi bien «une maxime centrale de la politique étrangère et de sécurité de la Suisse» (rapport sur la neutralité de 1993) qu’une fiction commode dans les situations extrêmes, un modèle d’affaires et un épouvantail. D’un point de vue historique et constitutionnel, la neutralité n’a jamais été un objectif, mais un instrument pour «permettre à la Suisse d’atteindre ses objectifs véritables, qui sont en particulier de préserver son indépendance dans toute la mesure du possible», comme l’indique également le rapport sur la neutralité de 1993. En 2022, le Conseil fédéral a déclaré, dans sa réponse à un postulat, que ce rapport restait valable et suffisant.
Les «pères fondateurs» suisses ont délibérément choisi de ne pas inscrire la neutralité dans l’article énonçant les buts de la Constitution fédérale, car la neutralité n’est censée être qu’un instrument. L’initiative sur la neutralité, comme chacun sait, vise à changer cela. Heureusement, à l’approche du scrutin, on sait aussi que ce spectre de la «neutralité perpétuelle et armée» devrait être inscrit dans la Constitution principalement pour des raisons commerciales.
Si la neutralité est érigée en principe absolu et rigide, il devient possible de faire des affaires avec tout le monde. Cela n’a pas toujours été aussi........
