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Le piège pétrolier se referme sur Donald Trump

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Qui aurait pu imaginer qu’un passage maritime de 33 kilomètres de large entre le golfe Persique et celui d’Oman allait autant déstabiliser l’Amérique de Donald Trump? Bien qu’il ait entamé à des vitesses différentes un début de transition énergétique vers davantage de renouvelables, le monde dépend encore beaucoup du pétrole. Sa proportion dans le mix énergétique mondial a diminué et représente désormais 30% du total. C’est beaucoup moins que les 46% d’il y a un demi-siècle, mais comme les volumes ont augmenté, les conséquences de la paralysie du détroit d’Ormuz, où transitent 20% de l’or noir de la planète, sont colossales.

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L’administration Trump a cru que déployer l’impressionnante armada de l’hyperpuissance militaire américaine au Moyen-Orient allait suffire à régler le problème. C’était compter sans la République islamique, pourtant très affaiblie, qui a joué la seule carte stratégique d’envergure qui lui restait: paralyser le détroit et saboter le trafic de tankers afin de prendre en otage l’économie mondiale.

Les pays européens ont raison de refuser d'aider les Etats-Unis

Les experts sont unanimes: il faudra au minimum des mois pour faire retomber un prix du pétrole que certains devins voient déjà monter à 200 dollars le baril. Le vent de panique est tel à la Maison-Blanche que Donald Trump, qui a méprisé les membres de l’OTAN et de l’Union européenne depuis qu’il est retourné au Bureau ovale, en vient à quémander leur aide pour assurer un transit sous escorte militaire dans le détroit d’Ormuz. Or constituer une coalition, à l’instar de George Bush père lors de la première guerre du Golfe, nécessite une planification en amont et non en aval d’une telle opération. Les pays européens sollicités ont raison de refuser une telle demande. Pour éviter de se faire entraîner dans une guerre sans but ni fin prévisible. Et par dignité.

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Deux autres éléments montrent le profond embarras de la Maison-Blanche: Donald Trump s’est vu contraint de demander le report du sommet sino-américain de Pékin avec Xi Jinping et se dit obligé de lever partiellement les sanctions contre la Russie. Sur le plan intérieur, il fait face à un paradoxe: les Etats-Unis sont les plus grands producteurs mondiaux de pétrole et de gaz. Mais la structure des raffineries états-uniennes permettant de traiter avant tout du pétrole lourd, l’Amérique est obligée d’exporter son pétrole léger et de raffiner les 200 millions de barils de brut lourd qu’elle importe par mois. Les Etats-Unis n’échappent de ce fait pas à la hausse du prix de l’or noir. L’essence se paie désormais 3,72 dollars en moyenne par gallon (3,78 litres), soit une hausse de 25% depuis le début de la guerre. Si la hausse continue, c’est une défaite assurée des républicains aux élections de mi-mandat en novembre.


© Le Temps