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La guerre, ce temps qui lève tous les tabous

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04.03.2026

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Au moment où l’on «célèbre» dans un climat maussade le quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, il n’est pas trop tard pour se souvenir d’une autre guerre d’Europe, celle de l’ex-Yougoslavie. En réalité, le choix ne se pose guère. C’est le passé qui vient se rappeler à notre mémoire et nous force à le regarder en face, même si ce n’est pas très agréable. En 2022, un documentaire slovène, Sarajevo Safari, révélait un fait aussi sinistre que perturbant, resté inexplicablement enterré jusque-là. Au cours du siège interminable de Sarajevo (1992-1996), maints snipers amateurs, en provenance d’Italie, des Etats-Unis, du Canada et de Russie, seraient venus s’offrir le luxe d’abattre une cible humaine, avec la bénédiction des milices serbes de Bosnie qui encerclaient la ville martyre.

Hommes, femmes, enfants, vieillards: chaque proie avait son prix dûment affiché, inversement proportionnel à son âge, comme pour souligner le coût de la transgression. Coût strictement pécuniaire, évidemment. Comme si la guerre levait miraculeusement tous les tabous, et que l’argent permettait de s’affranchir du reste, battant en brèche les principes les plus élémentaires et nous plongeant dans la nuit de l’humanité.


© Le Temps