L’histoire du tigre et des pays de moins en moins avancés
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Chaque samedi, notre journaliste Frédéric Koller commente l'actualité géopolitique de la semaine.
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Deux amis se promènent lorsqu’ils tombent sur un tigre. Effrayé, le premier enfile ses chaussures de sport. Le deuxième lui demande: pourquoi fais-tu cela? Tu ne vas de toute façon pas pouvoir courir plus vite que le tigre! Le premier lui répond alors: je sais bien, par contre, je vais courir plus vite que toi. Cette blague, Rebeca Grynspan, la secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), l’a glissée alors qu’elle présentait à la presse son dernier rapport sur les «pays les moins avancés», les PMA ou le quart-monde, au nombre de 47. On voulait croire que la nouvelle économie numérique offrirait l’opportunité de réduire les inégalités. C’est l’inverse qui se produit.
Rebecca Grynspan, désormais candidate à la succession d’Antonio Guterres à la tête de l’ONU, n’a pas précisé qui était le tigre. Mais on comprend que, face à la concurrence internationale, les PMA, loin de rattraper le retard avec un effet d’aubaine du saut technologique, décrochent un peu plus. Ils n’ont pas de chaussures de sport. En apparence, les citoyens de ces pays semblent tout aussi connecté que le reste de la planète. Mais chez eux, la révolution d’internet se mesure essentiellement en termes de consommation. Et non de production de bien, en particulier dans les services. L’écart tend en réalité à se creuser.
