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Journalisme: les rivets du chien sont en train de sauter!

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18.02.2026

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Juin 2007. Ma première semaine à la radio. Un matin, l’atmosphère est tendue. Un mélange de colère et de silence. Rapidement, on m’explique: Serge n’est pas revenu de son reportage d’hier. Il a été abattu. Il travaillait sur une affaire de corruption. Ce qui m’interpelle, c’est que, même si mes collègues sont choqués, j’ai l’impression qu’ils le sont moins que moi. Comme si ce genre de chose pouvait arriver. Nous sommes à Radio Okapi en République démocratique du Congo, où j’interviens pour la Fondation Hirondelle, une organisation suisse qui s’efforce d’assurer aux populations devant affronter des crises un accès à des informations fiables.

De retour en Suisse, je travaille comme journaliste scientifique. Je rencontre alors Jean-Christophe Vié, biologiste et, à l’époque, directeur adjoint du Programme pour les espèces à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il prépare un livre pour alerter sur la perte de la biodiversité. Je lui demande comment illustrer cet effondrement imperceptible. Il m’explique son analogie des rivets: «Imaginons que nous volons tous dans un avion: le fuselage de cet avion est fixé par des millions de rivets. Chaque espèce qui s’éteint, c’est un rivet qui saute. Longtemps, ça ne pose pas de problème majeur…»

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.


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