Fuites de données : l’État encaisse, les victimes paient
L’État sait presque tout de nous. Nos revenus, notre patrimoine immobilier, notre situation familiale, notre taux d’imposition. Nous acceptons de lui confier ces informations parce qu’elles sont nécessaires à l’impôt et parce que nous supposons, assez naturellement, qu’il saura les protéger. Depuis quelques jours, 678 000 Français et professionnels savent que cette confiance ne peut être que limitée. Après l’usurpation des identifiants d’un agent de la Direction générale des finances publiques et d’un tiers habilité, un acteur malveillant a pu consulter et extraire des données aussi anodines que le revenu fiscal de référence, le quotient familial, le taux de prélèvement à la source ou encore les caractéristiques cadastrales de biens immobiliers.
Depuis 2018, l’Union européenne a construit l’architecture réglementaire de protection des données probablement la plus ambitieuse au monde. Nous avons multiplié les registres, les analyses d’impact, les formulaires de consentement, les délégués à la protection des données et ces fameux bandeaux cookies qui ont surtout appris aux Européens à cliquer machinalement sur « Tout accepter ». Pendant que nous perfectionnions cette bureaucratie de la conformité, les données, elles, continuaient d’échapper à ceux dont elles........
