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« À gauche, il y a un impensé sur la manière de produire les richesses »

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20.05.2026

À gauche, la bataille des idées démarre à pas feutrés, à moins d’un an du premier tour de l’élection présidentielle. Boris Vallaud, du Parti socialiste, a fait paraître un livre sur la « démarchandisation » de nos vies, qui entend redéfinir les frontières entre le capitalisme et la sphère publique. Clémence Guetté, de La France insoumise, s’apprête à publier son premier essai, Pour une politique de l’amitié, et l’on attend encore que Raphaël Glucksmann, de Place publique, dévoile le contenu du sien, très attendu par la presse.

Dans les think tanks, dont nul n’ignore la fonction de boîtes à idées pour les responsables politiques, on commence aussi à se projeter vers 2027. À ce sujet, Simon-Pierre Sengayrac identifie un angle mort dans la réflexion économique à gauche, son grand domaine de compétence puisqu’il est codirecteur de l’Observatoire de l’économie de la Fondation Jean-Jaurès.

Selon lui, si les programmes de gauche savent réguler et contraindre l’économie de marché, ils omettent d’assumer une responsabilité dans l’acte de produire. Un point qui devra être corrigé : la gauche ne peut tout miser sur la redistribution des richesses.

Le Point : Quand on examine les programmes économiques de la gauche, le sentiment dominant est que l’accent semble mis sur la répartition des richesses, au détriment de la question de leur création. Partagez-vous cette observation ?

Simon-Pierre Sengayrac : Pas vraiment car la raison d’être de la gauche repose sur deux idées principales. D’abord, elle affirme que la production de richesses est le fait des travailleurs. Ensuite, dans une perspective inspirée du marxisme, elle considère que le problème central réside dans le fait que la valeur produite par ces travailleurs ne leur est pas pleinement restituée.

Dès lors, le combat de la gauche consiste à promouvoir une répartition des richesses la plus équitable possible entre d’une part ceux qui produisent la richesse, les travailleurs, et de l’autre les propriétaires de l’entreprise. Dans ce cadre, production et répartition ne s’opposent pas : elles constituent les deux faces d’une même réalité. Produire........

© Le Point