Dérive du Syndicat de la magistrature : de la provocation sémantique à la rupture institutionnelle
Il convient d’abord de tordre le cou à un lieu commun, si le syndicat de la magistrature, qui a été créé dans la foulée des événements de 1968, est un syndicat représentatif au sens administratif du terme, il est loin d’être majoritaire au sein du corps judiciaire puisqu’aux dernières élections professionnelles il représentait 25 % des magistrats. Selon ses statuts, il a pour objet notamment « de veiller à la défense des libertés et des principes démocratiques ».
L’histoire de ce syndicat, auquel des membres éminents de la magistrature ont un temps adhéré, est l’histoire d’une longue dérive. D’abord « intellectuelle » et sémantique, comme si les dirigeants de ce syndicat se comportaient comme des étudiants attardés.
Nous avons tous gardé le souvenir de la harangue de Baudot, un substitut du procureur marseillais qui incitait les jeunes magistrats à la partialité (« Soyez partiaux… Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurance de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice »).
De la publication également d’un ouvrage intitulé Vos papiers, que faire face à la police, agrémenté d’une tête de porc portant une casquette de policier. Et plus récemment du célèbre « mur des cons » sur lequel était épinglé notamment le père d’une victime de meurtre et de viol. Mais depuis quelques mois on constate une rupture dans la communication de ce syndicat qui semble avoir jeté aux orties ses blagues de potache pour adopter une posture particulièrement inquiétante.
Nous avions eu l’affaire Quentin Deranque, lynché à mort en février dernier dans une rue de Lyon par des «........
