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Le racisme anti-Blancs n’est pas né à l’extrême droite

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17.08.2026

Le 20 juillet, dans l’affaire du meurtre de Thomas Perotto à Crépol, les juges d’instruction ont finalement retenu la circonstance aggravante de racisme liée à l’appartenance des victimes « à la race blanche et à la nation française ». Mais le parquet vient de réaffirmer son opposition à cette qualification dans un réquisitoire définitif complémentaire : selon lui, les témoignages faisant état de propos racistes sont trop « minoritaires », « imprécis et parfois contradictoires » pour justifier le renvoi des mis en examen avec cette circonstance aggravante.

Revenons donc sur la notion controversée de « racisme anti-Blancs », dont la possible traduction pénale se trouve une nouvelle fois au cœur d’un débat judiciaire. Ce n’est pas une première. En 2014, dans l’affaire Arnaud Djender, la cour d’appel de Paris, confirmée par la Cour de cassation, avait déjà retenu une circonstance aggravante liée au caractère raciste des faits.

Notion controversée, car elle oppose deux camps irréductibles et dogmatiques dont l’un conteste la légitimité de l’autre. D’une part, une extrême droite qui a fait de ce racisme l’un de ses chevaux de bataille médiatisés, dans la tradition d’un penseur, Alain de Benoist, et de mouvements des années 1970-1980 – le Grece, l’Agrif –, convaincus d’une identité française et chrétienne menacée par ce qu’on n’appelait pas encore le « grand remplacement ».

D’autre part, une gauche extrême, mais pas seulement, qui estime que ce racisme est une aberration, un non-sens, une imposture… Il ne saurait y avoir de racisme anti-Blancs, car le racisme a été mis en place par les Blancs, chefs d’orchestre de la catégorisation des races et de leur hiérarchie, ce qui leur vaut le privilège exclusif de leur invention. Seul le Blanc peut être raciste.

S’il faut, selon la leçon de Marc Bloch, se méfier de la quête des origines, on peut être troublé cependant par le télescopage en 2005 de deux événements qui marquent l’entrée de la notion dans l’espace public actuel. D’un côté, la fondation des Indigènes de la République, qui dénoncèrent un racisme structurel en France lié à son passé colonial, pratiquant un racisme sélectif, fragmenté, tranchant avec l’universalisme jusque-là revendiqué des mouvements antiracistes. Ce racisme politique et systémique excluait logiquement le racisme anti-Blancs, réduit à un oxymore.

De l’autre côté, un texte du printemps 2005, à la suite des manifestations lycéennes contre la loi Fillon, qui s’indignait des « ratonnades anti-Blancs » menées par des casseurs issus d’autres groupes raciaux : la tribune avait été signée par des personnalités peu suspectes de connivence avec l’extrême droite comme Jacques Julliard ou Bernard Kouchner.

Dans son étude (2020) pour la revue Réseaux sur la « carrière » du racisme anti-Blancs dans la presse française, la chercheuse Reihane Merazka, après avoir constaté que la thématique était fort peu abordée dans les sciences sociales, proposait un corpus qui débutait en effet autour de cette année 2005.

Il a fallu attendre 2012 pour que le premier homme politique hors extrême droite récupère la notion. Son ouvrage,........

© Le Point