Agriculture : pourquoi l’Allemagne a tort de provoquer la France
Ça chauffe en coulisses entre Paris et Berlin. Une phrase prononcée par le représentant allemand, mardi 16 juin au matin, au Conseil affaires générales, a mis le feu aux poudres. Gunther Krichbaum, secrétaire d’État aux Affaires européennes, a attaqué frontalement la PAC (politique agricole commune) en considérant qu’elle n’était plus d’actualité et, par conséquent, ne devrait plus être financée au niveau européen.
Pour illustrer son propos, il a utilisé une fiction : que ferait l’Union européenne si elle pouvait tout recommencer, table rase, en appuyant sur un bouton « reset » ? « Chers collègues, nous ne commencerions pas par la politique agricole. Nous commencerions par la sécurité extérieure, la défense, l’intelligence artificielle, la compétitivité. »
Haddad réplique sur le même ton
Le secrétaire d’État de Friedrich Merz ne nomme jamais la France. Il n’en a pas besoin. La PAC, c’est l’invention française de 1962, la ligne rouge que Paris défend de Conseil en Conseil depuis soixante ans. Appuyer sur « reset » et liquider la politique agricole, c’est viser la France les yeux fermés. L’Allemagne n’a sans doute pas apprécié que la présidence chypriote ait fait, en amont du Conseil européen des 18 et 19 juin, une proposition budgétaire dans laquelle le soutien au revenu des agriculteurs est le seul poste qui progresse (de 259 à 261 milliards d’euros) quand tout le reste est rogné – dont le fonds européen de compétitivité, cher à Berlin.
« Cela ne signifie pas que la politique agricole n’est pas importante, bien sûr qu’elle le restera », croit devoir nuancer l’Allemand. Une formule de........
